‹ Les Huguenots du seizième siècleChapitre 141 sur 163 · I. France proteslanle , t. YIII, p · texte numérisé non relu

I. France proteslanle , t. YIII, p

toute la force, toute l'ardeur, tout le désir de vous voir hors de danger, dont nous sommes capables.» Et, peu après, au même : «Si Votre Majesté continue à combattre ouvertement et ardemment les ennemis de la religion catholique jusqu'à leur entière extermination, qu'elle soit assurée que le secours divin ne lui manquera jamais. Ce n'est que par l'entière destruction des hérétiques que le roi pourra rendre à ce noble royaume l'ancien culte de la religion catholique'.» Après de pareilles preuves, le doute n'est pas permis. Obéissant, à la voix du devoir selon les uns, selon les autres aux suggestions du plus abominable fanatisme, ce fut le clergé catholique qui fut le véritable auteur des persécutions religieuses du seizième siècle. C'est lui qui transforma ses adeptes en «forgeurs d'hérétiques»* et qui les poussa à sévir, avec le fer et le feu, contre les sectateurs de Calvin. Les horreurs dont Orange fut le théâtre en 1562, et qui amenèrent d'inévitables représailles de la part des huguenots, donneront une juste idée du degré de fureur auquel montèrent les esprits catholiques. L'abbé Papon raconte que quelques-uns des assiégés furent suspendus tout vivants, par le menton , à des crémaillères et brûlés à petit feu. On eut la barbarie d'en couper quelques-uns en morceaux: «Les vieillards, malgré les rides vénérables de la vieillesse; les enfants, malgré les grâces touchantes de leur âge; les pauvres et les malades, si propres à inspirer la pitié, furent immolés comme les autres. 11 y avait des malheureux auxquels on se contentait de fendre la bouche jusqu'aux oreilles

et on leur laissait la vie On poussa la frénésie jusqu'à

mettre entre les bras des corps morts des cochons nouvel-

1. Lettres de saint Pic V sur les affaires de son temps en France, etc.; traduit du latin par de l'olter. l'aris, I82G. Letljes IÛ«, 12» et 13".

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