‹ Les Huguenots du seizième siècleChapitre 143 sur 163 · I. France protestante , t. III, p · texte numérisé non relu

I. France protestante , t. III, p

danl qu'il pût les faire transporter à Montauban, d'où François de Coligny les rapporta au château de Châtillon-sur- Loing, ancienne demeure de l'amiral, après sa réhabilitation, le 10 juin 1599. Ils y restèrent dans l'oubli jusqu'en 1786, époque à laquelle M. de Montesquiou les obtint de M. le duc de Luxembourg, seigneur de Châtillon, et les fit transporter à Maupertuis et déposer dans un sarcophage de marbre noir. Quand le château et la terre de Maupertuis passèrent, en 1793, en d'autres mains, la famille de Montesquiou emporta la précieuse caisse, qui fut réintégrée solennellement, en 1851, au château de Châtillon, scellée dans un pan de mur en ruines, à l'emplacement de la chambre à coucher des duchesses de Châtillon, où, suivant toutes les probabilités, l'amiral est né, non loin de l'église qu'ornent encore le chiffre de Coligny et ses armes M

On peut dire, vraiment, que le corps de l'amiral fut conservé comme par miracle. D'autres martyrs, plus heureux, conservèrent, comme par miracle, leur vie même qui semblait vouée à une mort certaine.

En 1562, par exemple, Claude de Marisy avait fui la ville de Troyes que parcouraient des bandes de massacreurs. Sa femme, Ambroise Pilhou, demeura chez elle avec ses filles et son fils qu'elle allaitait. Elle était dénuée de tout secours, sa mère lui ayant fait répondre qu'elle n'avait aucun secours à attendre d'elle, tant qu'elle n'irait pas à la messe. Le soir, elle réussit à sortir de chez elle malgré les gardes qui veillaient sur sa maison. Son enfant sur les bras, elle se cacha chez une pauvre femme catholique qui avait favorisé son évasion et qui, le lait d'Ambroise s'étant tari à la suite de tant d'émotions, allaita son fils avec le sien. Grâce à une dame

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