‹ Les Huguenots du seizième siècleChapitre 42 sur 163 · Bulletin, t. I,p. 35; t. Il, p · texte numérisé non relu

Bulletin, t. I,p. 35; t. Il, p

0 VOUS Dames et Damoiselles Que Dieu fit pour être son temple, Et faites, sous mauvais exemple, Retentir et chambres ou salles De chansons mondaines et sales , Je veux ici vous présenter De quoi, sans offense, chanter.

Aussi, dans les ateliers, dans les pronnenades publiques, dans les maisons particulières, dans les assemblées publiques et jusque sur les champs de bataille, on entendait redire les poésies auxquelles David a donné son nom. En 1568 la reine-mère, au mépris de la paix de Longjumeau, cherche à s'emparer par surprise des chefs huguenots. Condé est obligé de fuir, accompagné de Goligny, sous l'escorte d'un petit nombre de cavaliers. Il faut au plus vite traverser la Loire, dans les environs de Sancerre. Condé passe le premier, tenant son plus jeune fils entre ses bras; les autres suivent, en chantant le psaume : Au sortir d'Israël d'Egypte^. Ces poésies, on les chanta dans les prisons et dans les flammes, et, plus tard, dans l'exil lointain, dans les solitudes du désert, sur les bancs des galères. Que de martyrs dont la torture avait affaibli la voix et qui, jusqu'à leur dernier souffle , chantaient ce verset bien connu :

La voici, l'heureuse journée Qui répond à notre désir; Louons Dieu qui nous l'a donnée, Faisons-en tout notre plaisir.

Grand Dieu, c'est à toi que je crie : Garde ton Oint et le soutiens; Grand Dieu, c'est loi seul que je prie. Bénis ton peuple et le maintiens.

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