‹ Les Huguenots du seizième siècleChapitre 70 sur 163 · juin · texte numérisé non relu

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Votre ami,

Th. de Bèze.

Si les chefs mêmes de la Réforme savaient se laisser aller à un charmant badinage, à plus forte raison les simples fidèles ne permettaient-ils pas à leur foi d'étouffer, en eux, ce besoin d'innocente gaîté que Dieu a mis dans le cœur de tout homme. Ils ne furent point maussades; seulement ils prirent la vie au sérieux. Capables de s'abandonner à la joie la plus franche, ils se laissaient plus volontiers encore entraîner à d'héroïques dévouements.

Lors de la peste, par exemple, qui désola Genève en 1543, Calvin se présenta avec les autres ministres pour visiter les pestiférés; on s'y opposa «pour ce que l'on en avait faute pour l'Église». Pendant son séjour à Bâle, quand rien ne l'y obligeait que l'humanité, il alla assister un malheureux pestiféré à son agonie l «Dans ses regards, dit M. Guizot, à la fois graves et passionnés, se révélaient cette conviction qui ne tient nul compte de la vie et cette ardeur qui la consume.»

Le dévouement de M'"^ l'amiral e est connu. Un cour-

1. Bulletin, t. III, p. 145, traduction de M. Ch. Read. Le dernier vers surtout est charmant:

Sis gnllina mihi , sim tibi pullus ego.

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