LES CONDITIONS PATHOGÉNIQUES DE L HYDROCÉPHALIE
Les ventricules cérébraux et les conditions normales delà sécrétion du liquide ventriculaire. Importance des plexus choroïdes dans cette sécrétion.
Deux grandes classes pathogéniques d'hydrocéphalie : hydrocéphalies d'origine irritative et inflammatoire et hydrocéphalies par stase.
I. — Hydrocéphalie par stase veineuse. — L'oblitération et la compression des sinus veineux du crâne, du sinus droit, des veines de Galien.
II. — Hydrocéphalie par stase lymphatique. — L'interruption des communications du système ventriculaire.
III. — Hydrocéphalies d'origine irritative et inflammatoire. — Les lésions de I'épendyme. — Les lésions des plexus choroïdes ; l'hypertrophie de ces plexus. — Les hydrocéphalies dites essentielles.
L'hydrocéphalie ventriculaire est constituée par la sécrétion anormale ou morbide du liquide ventriculaire. Pour apprécier à leur juste valeur les éléments morbides de la pathologie des ventricules, il conviendrait de connaître exactement la physiologie ventriculaire et notamment les conditions normales de la sécrétion du liquide ventriculaire. Nos connaissances, il faut le dire, sont restreintes sur ce sujet.
On n'a pas de démonstration nette du mode de production de ce liquide. Sa composition chimique, spéciale, caractéristique, ne permet pas de le considérer comme le résultat d'un simple phénomène de transsudation; il appa-
raît bien plutôt comme un liquide de sécrétion dû à l'activité spécifique d'éléments organiques encore incomplètement déterminés.
11 est possible que les parois épendymaires contribuent à celte sécrétion. Ces parois sont constituées par des cellules épithéliales spéciales qui ont pour origine l'épithélium ectodermique de la goullière neurale (spongioblastes deHis), et reposent sur une couche de névroglie. Chaque cellule épendymaire est formée d'une masse protoplasmique, cubique, peu granuleuse et contient un noyau sphérique et volumineux plus rapproché de sa base que de son sommet ; de ce sommet se détache un prolongement périphérique qui atteint chez le fœtus la périphérie de l'encéphale, mais ne joue qu'un rôle embryonnaire et s'atrophie chez l'adulte. Ce revêtement épithélial est continu sur toute l'étendue des parois ventriculaires, recouvrant dans les ventricules latéraux les plexus choroïdes, et d'autre part dans le ventricule moyen la face inférieure de la toile choroïdienne. Entre l'épendvme du ventricule moyen et celui des ventricules latéraux, la pie-mèredu plexus adhère directement à la couche optique.lui donnant et en recevant de nombreux vaisseaux.
Recouverts par répithélium épendymaire, les plexus choroïdes sont probablement le siège le plus important de la sécrétion du liquide venlriculaire. Situés dans l'épaisseur de la toile choroïdienne, qui n'est elle-même qu'un prolongement de la pic-mère dans le 3° ventricule et les ventricules latéraux (pie-mère interne), les plexus choroïdes sont constitués par des touffes vasculaires contenues dans des végétations conjonctives. Luschka a donné