HISTORIQUE. — DÉFINITION DU SUJET
d'hydrocéphalie avec augmentation du crâne et écartement des sutures. Dans un de ces fails, la tète acquit dans l'espace de 15 ans que dura la maladie une circonférence de deux pieds dix pouces.
Au siècle dernier nul auteur ne paraît avoir mieux connu et autant de fois rencontré l'hydrocéphalie que J.-L. Petit, comme en témoigne la description que ce célèbre chirurgien en donna à l'Académie des Sciences en
Depuis, l'hydrocéphalie a été mieux étudiée encore dans ses symptômes cliniques, dans ses localisations anatomiques, et l'on a recherché d'autre part à établir le mécanisme de sa production. Des causes multiples de cette affection ont été reconnues, et cependant on a généralement continué à décrire l'hydrocéphalie comme une maladie à peu près toujours identique à elle-même.
La multiplicité des causes de l'hydrocéphalie, les lésions très différentes que l'on peut constater suivant les cas témoignent bien, quelle que soit l'apparence symptomatique, que celte affection ne résulte pas d'un processus unique. Placée par les anciens nosologiques dans la classe des hydropisies, elle a môme été considérée par quelques autours comme une hydropisie essentielle. Or, l'hydrocéphalie, on doit le reconnaître aujourd'hui, est ynoins une maladie proprement dite, qu'un syndrome clinique qui relève dune pathogénie variée. Si, une fois développée, elle domine la phénoménologie morbide, il importe néanmoins derrière elle de rechercher l'élément causal, comme on le recherche par exemple derrière un épanchement asci-
CHAPITIU: l'IlEMIElt
que. C'est en grande partie le but de ce travail d'étudier les variétés pathogéniques de l'hydrocéphalie et d'établir qu'aux causes diverses de cette affection correspondent des formes cliniques différentes. Toutefois la préoccupation étiologique ne doit point faire négliger d'autre part l'évolution symptomatique et les caractères anatomiques.
Au point de vue de la marche de la maladie, on a distingué l'hydrocéphalie aiguë et Y hydrocéphalie chronique. Sous le nom d'hydrocéphalie aiguë, on a décrit des affections très différentes, la méningite tuberculeuse nolammenl ; quelques auteurs ont même compris sous ce nom certaines encéphalopathies du mal de Bright. Je reviendrai avec plus de détails sur ce sujet au chapitre des hydrocéphalies aiguës et je tâcherai de délimiter exactement ce que l'on doit comprendre sous celte dénomination.
C'est à l'hydrocéphalie chronique que se rapporte la description de la plupart des auteurs modernes. C'est elle surtout que j'aurai en vue dans la description générale qui va suivre.
Pour quelques auteurs, la nature du liquide épanché constitue un caractère essentiel de la maladie. C'est ainsi que pour Sanné (1), tout ce qui n'est pas sérosité pure n'est pas hydrocéphalie ; celle-ci serait essentiellement constituée par l'épanchement d'un liquide non inflammatoire. Cette préoccupation de nosologiste doit disparaître, à mon avis, devant la valeur qu'il convient de donner au terme
(1) Dict. encyclop,, art. Hydrocéphalie.