HISTORIQUE. — DÉFINITION OU SUJET
d'hydrocéphalie : syndrome anatomo-clinique correspondant à des causes variées, à des lésions diverses, par suite à des épanchements de nature différente. Dans la très grande majorité des cas, c'est une sérosité, avec la composition assez uniforme que j'indiquerai tantôt, que l'autopsie démontre. Mais dans quelques circonstances, un épanchement d'origine inflammatoire ou hémorrhagique peut provoquer le processus hydrocéphalique. De par la clinique, on ne peut refuser à ces formes le nom d'hydrocéphalie ; seulement les caractères du liquide, sa composition chimique pourront éclairer sur la cause de l'affection et en faire reconnaître la forme pathogénique.
C'est surtout le siège du liquide qui a été de la part des auteurs le point de départ de classifications multiples. Il serait oiseux île s'attarder à les énumérer longuement. Prenant le terme hydrocéphalie dans sa signification étymologique, les anatomo-pathologistcs ont admis comme hydrocéphalie la présence d'un liquide dans toutes les régions intra-crâniennes possibles : entre les os et la duremère, entre la dure-mère et l'arachnoïde, entre celle-ci et la pie-mère, dans les mailles de la pie-mère (œdème de la pie-mère), dans le tissu cérébral {œdème cérébral), dans l'intérieur des ventricules. C'est là un abus de localisation.
Les infiltrations œdémateuses de la pie-mère et du cerveau, presque par définition, doivent être rayées du cadre de l'hydrocéphalie. L'exagération de pression qu'elles peuvent provoquer dans la cavité crânienne est insuffisante à déterminer le processus hydrocéphalique; souvent, de plus, les altérations qualitatives du liquide infiltré jouent dans
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ces cas, au point de vue des symptômes observés, un rôle autrement important que l'exagéra lion de la quantité.
Quant à la présence dans l'intérieur du crâne d'un liquide collecté, elle n'implique pas forcément l'existence de l'hydrocéphalie. Dès les premières lignes j'ai indiqué ce caractère essentiel de l'hydrocéphalie : la pression du liquide contenu dans l'intérieur du crâne. Dans quelques hydrocéphalies congénitales il est vrai, ainsi que je le dirai plus loin, la boîte crânienne loin de se dilater reste petite ; ce résultat est quelquefois la conséquence d'une synostose prématurée des sutures qui n'ont pu s'ouvrir sous l'influence de la pression intérieure. Dans d'autres cas cependant il ne paraît pas réellement exister d'excès de pression intra-crânienne; il est probable néanmoins qu'elle a existé à un moment de l'évolution hydrocéphalique durant la vie intra-utérine.
En dehors de ces faits que, de par la pathogénie, on doit conserver dans le cadre de l'hydrocéphalie, il en est d'autres où manifestement, malgré la présence d'une assez grande quantité de liquide, la pression intra-crânienne est abaissée. C'est ainsi que dans certaines atrophies du cerveau primitives ou secondaires aux scléroses cérébrales de l'enfance, on constate souvent un épanchemcnl liquide dans les ventricules du cerveau sans qu'il existe d'ailleurs de dilatation crânienne. Ces épanchements ne méritent pas à mon sens le nom d'hydrocéphalie. Ce sont des hydropisies à vacuo qui s'effectuent pour combler le vide résultant de la diminution de la masse encéphalique. Dans ces cas c'est la dilatation ventriculaire par rétraction des tissus sclérosés qui est le fait primitif; l'épanchement est