‹ Les Hydrophthalmies chez le Chien: Essai de traitement par la vitamine PPChapitre 19 sur 36 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

Rien de ce qui est exact ne saurait être inutile ; si petit que soit un phénomène bien observé, il porte toujours avec lui un enseignement profitable. :

GUIGNET.

| SYMPTOMES — LESIONS

L'œil offre à l’ophtalmologiste une particularité qui prend toute sa valeur dans l’examen clinique : c’est en quelque sorte une montre dont le cadran transparent permettrait de se rendre compte de l’état des rouages intimes, à condition toutelois qu’une opacité n’en vienne pas ternir le verre.

Pour cette raison, les symptômes et les lésions nous ont semblé inséparables pour leur étude : celle-ci sera réduite au minimum du fait que les manifestations cliniques de l’hydrophtalmie sont bien connues et ont fait l'objet de relations très complètes : nous nous bornerons donc à résumer les acquisitions dues à lexpérience de nos maîtres, Sutor, ne supra crepidam,

LE et Pr

me es

. Classification. — Le Professeur DaRRASPEN, considé- joe rant qu’en fin de compte, toute hydrophtalmie est:

secondaire, à cliniquement classé les hydrophtalmies du Chien en deux grandes catégories : celles secondaires à des affections de la cornée et de iris et celles consécutives à des altérations vasculaires primitives.

Si on veut mettre en parallèle les médecines humaine et animale, ce qui se révèle souvent riche d’enseignements, la première catégorie d’hydrophtalmie corresdrait au glaucome secondaire ; aucune de ces deux affections ne fait partie de la « maladie glaucomateuse », mais n’est qu’une des conséquences d’un trouble oculaire pathologique.

Le glaucome primitif, véritable entité morbide, correspond en partie seulement à la deuxième catégorie d'hy-

drophtalmies, qui représente chez le Chien le glaucome

primutif aigu, et ceci, bien que ces hydrophtalmies « primitives » aient des évolutions très diverses, suraiguë, aiguë, subaiguë, chronique : un caractère demeure touiours, la nette hypertension oculaire, faisant céder la sclérotique à plus ou moins longue échéance.

Le glaucome chronique est à part, constituant la véritable pierre de touche en ophtalmologie humaine. C’est une variété spéciale d’atrophie du nerf optique, s’accompagnant le plus souvent d’hypertonie, mais pas forcément (amaurose de GRAEFE) ; une maladie latente, sans signes subjectifs (à part quelques céphalées) à signes objectifs très discrets discernables à la lampe à fente (retrécissement de la chambre antérieure, ectropion de luvée, dépigmentation irienne, pouls artériel spontané

Et = SYMPTOMES - LÉSIONS | Se LU)

de l’artère centrale de la rétine, excavation glaucomateuse, à un stade plus sens

Cette redoutable maladie n’a jamais dé décrite chez le Chien. “Et il serait à souhaiter qué l'œil des vieux, Chiens, ne présentant aucune cataracte ni taie cor-

néenne et dont la presque cécité ne peut être rapportée

à aucune cause précise, soit l’objet de systématiques examens, et notamment en ce qui concerne leur nerî optique, dont les coupes “histologiques seraient peutêtre révélatrices.

Il n’y a du reste pas de paroï étanche entre l’hydrophtalmie et le glaucome, car, dans toute hydrophtalmie, on s'accorde à penser qu'il existe une période glaucomateuse préhydrophtalmique ne comportant aucune distension des membranes oculaires et passant le plus souvent inaperçue ; elle est ‘en effet cachée soit par les symptômes bruyants d’une violente inflammation conjonctivale, cornéenne ou uvéale, soit par les troubles cornéens secondaires à une hydrophtalmie d’origine vasculaire.

Dans ce dernier cas, les symptômes subiectifs visuels (fumées, arc-en-ciel, flammes) ou campimètriques (scotomes), qui amènent précocémment l’homme chez lophtalmologiste, ne pourront évidemment pas être connus du vétérinaire.

Symptômes. Hydrophtalmies secondaires à des Atos de la cornée ou de l’uvée antérieure. Leur histoire se déroule

selon un rythme simple.

1° Phase. — En une première phase, se présentent

tous les bruvants et univoques symptômes d’une kératoconjonctivite si fréquente chez le Chien : rougeur conjonctivale, chémosis quelquefois, toujours photophobie, blépharoptose et épiphora, avec filaments de muco-pus gris verdâtre, visqueux, adhérant à la cornée et contribuant encore à l’opacifier : la cornée présente de son côté un trouble blanc laiteux ou bleuté et c’est le pannus. Il y aura vite, si les soins demeurent inexistants, complication avec abcés entre les lames cornéennes ; en regard, s’agglomèrera une précipitation de fibrine formant hypopion, ce qui contribuera, par obstruction de la «grille d’égoût» pectinéale, à provoquer une rétention de l'humeur aqueuse dans la chambre antérieure, déjà dilatée par l’hypersécrétion consécutive à la vaso-dilatation des vaisseaux uvéaux.

Mais une affection suppurée kérato-conjonctivale n'est pas seule à pouvoir provoquer une hydrophtalmie secondaire : lPiridocyclite est mêmé plus apte à déterminer une hypertonie oculaire car linflammation d’un tissu aussi vascularisé que luvée aura de plus immédiats retentissements sur la tension de l'œil que celle d’un tissu avasculaire comme la cornée.

D'autre part, les tumeurs, les traumatismes, les hémorragies choroïdiennes (ROBIN, BRION), pourront également faire évoluer une hypertonie accidentelle.

2° Phase.’ — Hÿpertonie et mégalophtalmie sont patentes à ce stade : les enveloppes de l'œil, amincies, ont cédé. Y

À l'inspection, l'œil semble exorbité, tel celui d’un Pékinois, son volume pouvant être multipié par deux,

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