SYMPTOMES - LÉSIONS
locornée devenue insensible par œdème des canalicu- les nerveux de la membrane de Bowmanx.
On remarque également la buée épithéliale se révé-
Jlant à l'examen comme des gouttes de rosée. L'œil est
dur comme pierre, on note une mydriase constante et. une injection des vaisseaux limbiques. ST
A ce stade, l'œil doit, à notre avis, être te des « buphtalme » vu l'augmentation de son volume qui ee rapproche en effet de l'œil du bœuf, mais en raison surtout de son expression véritablement hébétée, « bovine ». Il nous a semblé que la sclérotique était d’un blanc moins franc que l'ordinaire, sans doute par par tion du pigment choroïdien sous-jacent.
C'est alors que s’installe, par lagophtalmie, la kérato-
conjonctivite, ainsi cause et conséquence des hydroph-
talmies. La cause de cette lagophtalmie réside probablement dans la congestion vasculaire régionale, déterminée par la surpression intraoculaire. Il est peut-être aussi permis, à notre avis, d’invoquer le peu de souplesse de la paupière supérieure du Chien, surtout si on la compare à celle de l'Homme : le fait est patent pour qui a pratiqué des énucléations sur ces deux espèces.
Il nous a été donné d'observer (cîf observation 1) un notable encanthis, succédant à une hydrophtalmie d’origine vasculaire. La caroncule lacrymale, tuméliée, débordait les paupières-dont les bords libres ne pouvaient plus s'affronter, et soulevait le corps clignotant ; ce n’est, du reste, qu’un aspect un peu particulier de la kératoconjonctivite, inévitable dernier terme de cette catégorie d’hydrophtalmies.
Ilest à remarquer que la résistance supérieure du segment postérieur de l'œil interdit la formation de l'excavation papillaire, vue cependant par GRAY, EVERS- BUSH, NICOLAS ; du reste existerait-elle que l’ophtalmie externe secondaire, accentuant les troubles cornéens, rend le plus souvent le fundus inéclairable.
Lésions locales. — Les lésions vont maintenant évoluer avec rapidité. Le vitré, très hypertrophié, repousse le pan irido-cilio-cristallinien, plaque et soude la racine irienne, déjà épaissie par la mydriase, contre la face postérieure de la cornée et peut déterminer ainsi hémorragies et hyphémas, qui ne peuvent qu aider : à boucher l'angle camérulaire.
Cette soudure, bien décrite chez l'Homme par KKxeis, est de moins en moins invoquée par les ophtalmologistes que nous avons tenu à consulter à ce sujet. Rarement annulaire et le plus souvent partielle, elle consiste en une atrophie progressive du tissu irien accolé à la cornée, puis en sa disparition jusqu’à ne laisser que l'épithélium pigmentaire postérieur, siège, lui aussi, d’altérations régressives.
Parallèlement, le tissu trabéculaire est Souvent tassé et encombré de leucocytes chargés de pigments; le canal de Schlemm est aplati et déformé.
Il est à remarquer que la protusion des organes postiriens va réduire la profondeur de la chambre antérieure par voussure de l'iris ; et on doit se garder de qualifier à tout coup cette lésion d’«iris en tomate », la séclusion pupillaire n'étant pas de règle.
Le corps ciliaire est ainsi distendu, les fibres de la
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zonule de Zinn sont tôt soumises à une traction excentrique qui ne leur permet pas de résister longtemps et qui détermine leur rupture sur un arc- de-cercle plus ou moins étendu.
Quant au cristallin, il se luxe ou se subluxe en avant, ce qui est assez fréquent chez les quadrupèdes en raison de la position de leur tête (RoBIN, BR1ON) : il culbute alors dans la chambre antérieure. s'accole à la face postérieure de la cornée, avec laqueïie il contracte rapidement de solides adhérences. Là, il s’opaciie et se résorbe incomplètement et lentement. Le cristallin peut également tomber en arrière dans un vitré déliquescent ; il s’y opacilie lentement, en restant en général accolé à l'iris enflammé, dépigmenté, atrophié et déchiré par Piridodialyse. à
Enfin l'infltration séreuse de la choroïde et de la rétine et l’oblitération partielle des veines vorticineuses et du canal de Schlemm complète ce tableau lésionel local.
Au dernier stade, la sclérotique se rupture, la cornée se craquèle, la rétine se décolle, abolissant toute vision ; l'énucléation va permettre alors à l’anatomopathologiste d'enrichir ses collections de ce sphéroïde fbroscléreux.
Lésions générales. — Les lésions générales cardiaques, hépatiques (observées très souvent chez l'Homme), rénales, glandulaires, ne peuvent, vu leur fréquence chez le Chien, être rapportées spécifiquement à lhydrophtalmie.
Citons, pour terminer, les perturbations sanguines du
glaucomateux humain qui sont d’après F. Masoup, uné baisse du calcium, une augmentation du potassium. et du nombre des hématies, un déséquilibre leucocytaire, une hausse de la pression sanguine qui n’est du reste pas de règle (JELENOWICZ).
Un examen complet du Chien hydrophtalme permet, trait peut-être, dans les limites où il est possible, d’instituer une thérapeutique plus adéquate : le vœu que nous exprimons là serait peut-être à l’origine d’intéressantes observations.