‹ Les HymnesChapitre 11 sur 25 · L'ANGE · texte numérisé non relu

L'ANGE

Je t'annonce la paix du monde Et le printemps universel.

Nous vous mêlerons à la ronde

Les étoiles La terre

De notre dimanche étemel.

Je suis l'Ange, la Nébuleuse D'où votre soleil ruissela, Dans la moisson miraculeuse D'où votre terre s'envola.

Aujourd'hui, le Maître, sur l'aire.

Devant ses peuples assemblés, La voit v-enir, sous sa colère.

Comme Ruth au milieu des blés.

Elle porte serré contre elle

Le reliquaire en feu de Reims....

Pitié, Sauveur, pitié pour elle...

Le cilice a brûlé mes reins...

Le poêle : Tous les couvents fermés de France, Tous les sanctuaires ouverts.

Tous les temples de la souffrance.

Tous les autels de l'univers.

Ont poussé la même prière...

Et partout, sous le ciel pâli.

Tous les blessés, sur leur civière, Tous les malades, dans leur lit.

Ont senti tomber dans leurs veines Une goutte du sang réel Et respirer dans leurs haleines Un peu de la nuit de Noël.

O mon corps, ô mes yeux, ma bouche,

mon sang. Christ est ressuscité,

ô mon cœur, nous vivrons toujours.

Un crépuscule ardent illumine la neige.

Mon Ame, c'est bien toi qui me prends par la main. Devant nous, sur les chtimps que Jeanne d'Arc protège. Elle tombe, la nuit du grand Noël humain.

Les troncs d'arbres / Vous qui l'avez aimée avec tant de souffrance Les fils de fer B-^^rbelés l Vous qui, hâves

Les routes gelées j Sanglants

Les maisons écroulées J Ivres d'horreur

Les trous d'obus f L'aimez

Les champs \ Vous pour elle fauchés dans la pleine espérance

Les tranchées l O mourants, ô vivants

La neige I Blés de gloire

Les étoiles ( Germez

Le fusil qui flamboie entre mes poings farouches M'envelopperait-il d'une strophe de feu Si tu n'attendais pas, dans la paille où tu couches, La visite, ô mon cœur, le dimanche de Dieu.

Un crépuscule ardent t'illumine, ô mon Ame...

Que la Vie et la Mort sont belles ! Chante-moi leur Hj'mne. Chante-moi l'immense Christ de flamme

Qui monte de ma race, qui monte au vaste cœur des hommes de ma loi.

O mes anges de Reims, insultés par l'Ivrogne, vous, priant dans la brume.

Au-dessus des canons,

Vous souriez aux anges de Cologne et murmurez doucement: « Pardonnons...»

Pardonnez, ô mon Dieu, comme veulent les anges... Toi seul es assez grand.

ïoi seul peux pardonner, Seigneur, à cette fange, à ces ivresses, à ce sang.

Nous nous battons... Toi seul, pain de feu que je mange, toi seul, grand Vin compatissant.

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