LA VICTOIRE, EN CHANTANT... ...LE JOUR DE GLOIRE
O mes frères, voici que cette aube s'allume... Nous nous sommes battus, voici venir l'Amour. Si le sang du vaincu sans tendresse s'embrume
Le^r horizons du moiule : Sur la terre et la mer la Joie est de retour.
La Méditerranée { Les dieux de l'Homme ressuscitent
Athènes \ L'art d'être un Homme
Rome \ Le bel enfant sourit sur les genoux de Rome Paris [ Et sous les orgues d'or où les anges palpitent Les Muses
Athènes i L'art d'être un dieu Chantent
Rome : L'enfant du Feu Paris ( Chantent
L'Europe heureuse :
Au travail! Vous avez pris le goût delà lutte, vaincre est votre habitude, et l'amour de l'Amour... L'amour est là. Un vieux Pâtre, au seuil de sa hutte, sur sa flûte, au milieu de ses fils, prélude aux chants du jour. C'est Dieu... Nouez la ronde, c'est le vieux Songe, l'Age d'or, l'âme qui dort dans le vieux monde. Eveillez-la.
Notre-Dame '. Mon fils, sur mes genoux ton front sanglant repose L'HoTEL-DiEU 1 Beau blessé, dors
Les CHARITÉS j O beau torse éclatant de roses
Les muses ' Sur la couche de fièvre, autour du lit de mort Levant la lampe d'or
Notre-Dame l Et c'est en Paradis que tu t'éveilleras
Les charités ' Fiévreux rosier fleuri sous la neige des draps
Les muses ' C'est bien nous, tes vertus, c'est nous, tes beaux combats
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Le soir tombe. Au cœur de la veuve. Au cœur des orphelins. Ils rentrent. Ces drapeaux,
C'était le père encor, tout ce Paris dansant, ces armes!... il le faut,
Le fantôme a béni la salle à manger neuve. Il les attend, le mort.
Et, du fond de leur sang, du fond de la bataille, dans ce paradis d'or
Où s'enfonce l'Europe, où va dormir la ville, ils le voient qui regarde
Et qui les enveloppe. — " Enfants, ma Paix vous garde ! »
L'auto s'arrête... Les amants sont debout, pour mieux aimer ce crépuscule. Lui, baigné par ces yeux, ces couples qui sourient, ce peuple qui circule. Tous ces balcons en fleurs, tous ces autels fumants, il la presse, il rayonne, Tous ses désirs la prient; dans ses bras à quel ciel elle donc s'abandonne... — « Vainqueur! murmurc-t-cllc... Ce n'est que pour ce jour, sens bien, que je suis née. Et lui, tremblant : « Mon Immortelle ! ô ma conquise destinée ! »
L'cpoiure : Mon désespoir fut la fournaise Et le métal ta volonté...
O ma douleur, mon mort de braise, O notre destin rcsculpté !
L'ainanl : J'aime la forme de ma vie, J'étreins ma palpitante loi...
Dans la gloire de ma patrie, O douceur de ma gloire à moi.
Le soir tombe. Il lit, seul, à la fenêtre... Sa mère ne l'attendra plus. — « O ma mère qui ne meurs pas, France de Dieu ! Mère, quelles vertus Vas-tu me demander qu'exige le dou.x Maître, quels travaux, quelle paix? Nouvelle guerre ! Au lieu, contre l'autel brisé, sous les lauriers coupés. De relire ma Bible et de pleurer... » Sur lui, palmes, humbles chagrins. S'est abattu terrible un archange de Reims.
Frappé, le créateur ! O grands murs écroulés, l'aveugle est amputé. Le flambeau mutilé roule et rêve au hasard, h travers la cité. Qui la rebâtira, la maison de son cœur? Qui bâtira la Ville, L'immense et blanc regard fermant au fond de lui sa paupière tranquille ! De toutes ces rumeurs qui lui battent le front il sculpte les remous.
Avec tout ce qui meurt il recrée une ville... Ah! la bâtirons-nous?
L'Ile f La fontaine de sang inonde ma mémoire La Seine ] Sens-moi frémir
Le Louvre j Que le monde revienne boire
La tour ( J'entends les trains fumer, je vois les blocs s'unir Je vois la lumière s'ouvrir
L'Ile ( Me voici comme aux temps de ma vieille splendeur Le Louvre < Aux sources de sa joie, aux sources de mon cœur La tour (je vois, ô peuple, en toi se dresser le Penseur
Paru :
Je vois ce que vous vous voyiez dans toutes vos batailles, lorsque vous vous battiez, la nature en travail, l'amour Et ses grands gestes de semaille. Ce qui tressaille dans les hymnes que vous chantiez, sous mon portail. Arche des siècles, passe en triomphe aujourd'hui que la Paix luit sur la terrasse de ma Tour.
La Seine l Venez, venez, la gloire est douce La Concorde \ Venez, voilà
Les boulevards j Venez, c'est la rumeur qui vous accompagna
Les rues ( Venez, il a fleuri le beau laurier qui pousse Au cœur
La Concorde i Q,ue Dieu tressaille Dans nos pavés
Les boulevards l Dans la bataille
Les rues ( De nos pavés
Le peuple : Les voilà, les Sauveurs, les âmes, les lumières,
Les hommes de la Marne et les dieux de Verdun, Les temples mutilés, les vivantes frontières... Ils nous ont conservé l'Héritage commun.