IV. — LES HYPERTENSIONS EN VOIE D'INVOLUTION
On commence à s'intéresser en cardiologie aux conditions qui peuvent amener un hypertendu chronique à voir baisser peu à peu son chiffre de tension systolique. Même en dehors des accidents plus ou moins aigus qui constituent l'insuffisance ventriculaire gauche, on voit, en effet, certains de ces malades présenter soit par accident, soit progressivement, des chutes tensionnelles : cette involution tensionnelle qui est surtout le fait du vieillard a donné lieu récemment à des travaux très intéressants de |". Dumas. Nous regrettons que l'éloignement où nous sommes de Lyon, nous ait empêché de suivre son service et de nous documenter auprès de lui à ce sujet; et nous devons nous borner à apporter ici, les documents anciens et nouveaux de M. BARBIER sur les chutes tensionnelles,
A/ Observations déjà publiées
OBSERVATION L (Thèse de M. BARBIER)
Mme R., 80 ans. — Hospitalisée au Perron, salle Sainte-Clotilde, à cause de son grand âge. Un peu courbée, mais encore active, monte, malgré l’essoufflement, ses deux étages plusieurs fois par jour. Disque léger d'albumine. Polyurie. Au cœur: pas de souffle de base. Léger galop.
L'auscultation artérielle donne comme chiffre de tension 250/105, mais avec un large trou, incomplètement masqué au début par des souffles, et allant de 170, comme rnarge inférieure, à 190-200, puis même 230, lorsque les souffles ont disparu: parfois, mais rarement, on note la disparition secondaire totale de cette marge supérieure.
Un tracé sphygmographique a montré que ce trou était bien lié à un pulsus tardus avec accident anacrote.
Quelques jours après cet examen, on est appelé auprès de la malade, qui a été prise assez brusquement de frissons et de points de côté. La température est à 39°, la dyspnée assez vive: on note des râles fins aux deux bases, sans foyer net ni souffle. Le cœur est rapide: à la pointe, on entend un souffle systolique fonctionnel. La tension, prise à la méthode palpato-auscultatoire, est de 170/105. L'examen de la courbe auscultatoire montre des tons assez sourds, sans zone d'interruption et avec une zone de souffles très brèves seulement au voisinage immédiat de 170.
On soumet la malade à la médication habituelle de la congestion pulmonaire et on lui donne XV gouttes de digitaline pendant trois jours.
Dès le second jour, elle accuse une grosse améliora-
tion. Le souffle systolique de pointe a disparu. La tension est montée à 230, puis le lendemain à 240, mais la courbe auscultatoire présente de nouveau un trou.
A deux mois de là, un nouvel épisode pulmonaire fébrile produisit exactement la même chute tensionnelle et la même disparition du trou.