I. —— TROUBLES DU MÉTABOLISME DES GLUCIDES
Les troubles du métabolisme des glucides qui conditionnent l’hypoglycémie peuvent résulter soit d’une insuffisance alimentaire, soit d’une élimination anormale par les émonctoires, soit d’une affection CEE les réser-
voirs de glycogène.
1° Carence alimentaire. — Il ne s’agit là que de cas relativement rares. Il s’agit de sténose du pylore ou de cancér de l’œsophage non traité par gastrostomie, de carence alimentaire élective en glucides réalisée dans un but expérimental ou thérapeutique, de troubles digestifs gastro-intestinaux entraînant de la part du sujet une restriction alimentaire excessive, d’accidents post- opé-
Lu HaS 5 ratoires dus à un jeûne trop prolongé, de dénutrition rapide provoquée par une diarrhée toxique ou infectieuse. La faim, qui consttiue le premier symptôme de l’hypoglycémie, est le meilleur test de cette insuffisance alimentaire. Rappelons encore que d’après GOUNELLE, la : période terminale des œdèmes de dénutrition (dus à l’insuffisance de l’apport protéique) s’accompagne de troubles considérables du métabolisme des glucides objectivés par une glycémie inférieure à 0,40 à la phase de coma; ces faits cadrent parfaitement avec ceux que nous avons observés dans le service de notre Maître, le Professeur -LHERMITTE et dont nous avons rapporté plus haut quelques chiffres; mais nous remarquons qu’en l’absence d’ædèmes de dénutrition, il s’agit alors d’hypoglycémies asymptomatiques, la faim étant actuellement un symptôme bort banal. Nous nous proposons de revenir plus loin sur ce point.
2° Elimination anormale du glucose. —— Les deux cas les plus importants qui peuvent se présenter sont le diabète rénal et la lactation. Dans le diabète rénal, la glycosurie peut être importante, la glycémie est presque toujours basse et reste alors.dans la plupart des cas asymptomatique. Au cours de la lactation, il y a baisse passagère de la glycémie, surtout au moment de la succion, qui peut être en rapport avec certains malaises.
3° Epuisement des réserves de glycogène. — Lorsque la glycémie tend à s’abaisser, la glycogénolyse entre en jeu pour ramener le sucre sanguin à son taux normal; lorsque ces réserves de glycogène sont épuisées, l’'hypoglycémie se produit, asymptomatique au cours de l’effort musculaire, symptomatique au cours de certaines affections hépatiques ou musculaires.
a) Effort musculaire. — On sait depuis longtemps qu'un effort important abaisse la glycémie et qu’il faut traiter la fatigue physique par l'administration de sucre: cette notion a même recu son application au cours des
épreuves sportives dites de Marathon à la suite des travaux des auteurs américains; SENDRAIL et BLANCARDI ont d'ailleurs montré expérimentalement que le travail musculaire s'accompagne d’une hypersensibilité à à l’insuline et qu'indépendamment de ce fait il est générateur d’hypoglycémie. De plus les auteurs allemands ont montré récemment qu'au cours du service militaire, lorsque les hommes se sont livrés à un effort physique important et ne se sont pas alimentés depuis le matin, ils présentent - des vertiges, des - convulsions, de l’obnubilation (ADLER, 1939).
.b) Epuisement progressif des réserves. — Si une diminution de la réserve sucrée du foie survient, lhypoglycémie se produit par apport insuffisant de glucose. Il y aura donc hypoglycémie dans diverses affections hépatiques. L'insuffisance hépatique banale suffit pour la déterminer et elle se manifeste alors surtout par de l'asthénie. Dans les hépatites toxiques graves, atrophie jaune aiguë chloroformique ou phosphorique, et dans les tumeurs du foie, on observe aussi des glycémies très basses. Toutefois, on a montré que 85 % du tissu hépatique peuvent être détruits sans déterminer de troubles hypoglycémiques. Il est probable que ces glycémies très basses dépendent alors d’une insuffisance fonctionnelle du parenchyme restant. Ceci explique peut-être pourquoi, au cours des cirrhoses, l’hypoglycémie est rarement notée malgré l’existence d’une insuffisance hépatique manifeste. Signalons enfin que l’hypoglycémie est exceptionnelle dans les affections entraînant une fonte musculaire importante telles que myopathies, myasthénies et sclérose latérale amyotrophique. |