‹ Les hysteriquesChapitre 103 sur 265 · TROUBLES CÉRÉBRAUX · texte numérisé non relu

TROUBLES CÉRÉBRAUX

OBSER\ U'ioNXVll. — Attaques d'extase que provoque et fait disparaître le >on des cloches. — Exaltation religieuse. — Soupçon de simulation écarté par l'intervention médicale.

En 1851, je fus appelé par un commissaire de police à m 'assurer s'il y avait maladie ou simulation chez une jeune fille de vingt ou vingt et un ans, qui était en apparence atteinte d'extase une fois par semaine. Tous les dimanches, au moment où hacloche d'une église voisine (Saint-Sulpice) commençait à sonner, à huit heures du matin, cette jeune fille montait sur le rehord, courbe et poli, du pied d'un lit en noyer, et elle y restait debout sur la pointe des pieds jusqu'à ce que la même cloche sonnât à huit heures du soir. Elle s'y tenait dans l'attitude de la prière, la tète un peu renversée en arrière, les yeux grandement ouverts, regardant en haut, et elle adressait des invocations à la Vierge Marie, articulant d'une manière assez distincte et à voix très audible dans toute l'étendue de la petite chambre où la scène se passait. A première vue, il était évident que toute simulation était d'une impossibilité absolue et que cette jeune fille était atteinte d'extase causée par une exaltation religieuse, et que, si sa mère faisait entrer dans cette chambre des personnes qui payaient pour être témoins de ce qu'on leur disait être un miracle, il n'y avait pas tromperie de la part de la jeune fille. Le commissaire de police cependant, désirant qu'une expérience au moins fût faite pour s'assurer de l'état de la sensibilité chez cette malade, je fis venir deux de mes élèves et, les ayant placés de manière à supporter la malade, si elle tombait, je lui appliquai deux ou trois chocs électromagnétiques violents sur un des côtés de la face. Il y eut, comme on le pense bien, une contraction énergique des muscles de la face du côté correspondant, mais rien ne changea dans l'altitude des diverses parties du corps de la

INHIBITION ET DYNAMOGÉNIE.

malade. L'articulation des sons fut un instant troublée, mais les mêmes prières continuèrent d'être émises à haute voix. J'employai le même courant sur la face du commissaire, qui montrait encore du scepticisme; il jeta un cri et reconnut, un peu tard, qu'incontestablement il n'y avait pas simulation chez la malade. Je n'ai guère besoin de dire que celte jeune fille était obligée de garder le lit presque toute la semaine, après chacun des dimanches nombreux où elle a été soumise à une attaque de l'espèce décrite. Elle était dans un état d'épuisement extrême et presque incapable pendant plusieurs jours de mouvoir ses membres ou son corps. Elle était d'ailleurs profondément anémique et très faible même avant la première de ses attaques d'extase. Obligé de quitter Paris, je l'ai perdue de vue et ne sais ce qu'elle est devenue.

B. — I N II I 1! I T I «i X E T D V N V M ii G É N I E Explications physiologiques clos faits précédents.

— L'observation précédente ayant attiré l'attention de M. Brown-Séquard sur les faits analogues rapportés par les auteurs, ainsi que sur les autres singularités relatives à l'hypnotisme, cet éminent expérimentateur a tout récemment tenté d'en fournir une explication rationnelle, en les rattachant à deux phénomènes physiologiques que ses travaux ont particulièrement contribué à mettre en lumière, et qu'il dénomme Y inhibition et la dynamogénie l.

Des faits expérimentaux fort curieux, dans le détail desquels il serait superflu d'entrer ici, ont démontré d'abord à M. Brown-Séquard que les nerfs moteurs et

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