‹ Les hysteriquesChapitre 104 sur 265 · EXPLICATIONS PHYSIOLOGIQUES · texte numérisé non relu

EXPLICATIONS PHYSIOLOGIQUES

les muscles peuvent, sous l'influence d'une irritation du système nerveux, perdre subitement, soit en partie, soit complètement, leurs propriétés motrices, ou, au contraire, gagner soudainement une puissance motrice bien

plus énergique qu'à l'état normal. La rapidité avec laquelle se produisent ces diminutions ou ces accroissements de puissance, ne permet pas de les attribuer à l'influence de changements dans la circulation ou dans la nutrition, et ces phénomènes si remarquables ne peuvent être expliqués que par une influence purement dynamique exercée par les parties irritées sur celles dont les propriétés se modifient. A ces faits nouvellement mis en lumière il fallait des noms nouveaux : de là pour les diminutions de puissance le nom d'inhibition, et pour les augmentations de puissance, celui de dynamogénie.

Le plus éclatant des phénomènes d'inhibition est la découverte, due aux frères Weber, de l'arrêt du cœur par l'irritation du nerf vague. L'inhibition du cœur peut encore être produite par un effort inspiratoire très énergique ou par l'excitation des ganglions sympathiques abdominaux.

La respiration peut être inhibée par l'irritation des nerfs laryngés ou par un abaissement brusque de la tête irritant le bulbe et la moelle cervicale.

Comme exemple d'inhibition de l'activité mentale, on peut citer la perte immédiate de toute connaissance après la simple piqûre du bulbe au niveau du bec du calamus : ce qu'on ne peut expliquer par une contraction vasculaire dans les circonvolutions ou autres par-

INHIBITION ET DYNAMOGÉNIE. :>:}1

lies du cerveau, le nerf grand sympathique cervical ayant été auparavant sectionné des deux cotés, et le cœur continuant à battre.

La perle de sensibilité par inhibition, l'amaurose réflexe, l'inhibition d'attaques épileptiformes sont aussi incontestables.

L'accroissement de puissance ou dynamogénie, due à des irritations de la peau ou de quelques parties des centres nerveux, peut, chez les animaux, faire atteindre à certaines propriétés un degré qui est de six à dix fois celui de l'état normal.

Chez l'homme, la sensibilité tactile peut être dynamogéniée à un tel degré que les pointes de l'esthésiomètre peuvent être senties, au dos, à une distance qui est cent fois moindre que la distance ordinaire. La puissance respiratoire chez le chien peut être dynamogéniée, sous l'influence d'une irritation purement locale de la muqueuse de l'arrière-bouche et du pharynx, de façon à donner lieu à dix fois autant de mouvements respiratoires qu'à l'état normal.

L'inhibition et la dynamogénie peuvent être produites simultanément par une même irritation. Il y a alors une sorte de rupture d'équilibre dans le degré d'énergie des propriétés ou dans les activités de diverses parties des systèmes nerveux et musculaire, rupture qui se manifeste par la perte ou la diminution de puissance dans certains points, et l'augmentation de puissance dans d'autres. C'est une question non encore résolue de savoir si ce qui se perd dans un point n'est pas ce qui se montre en excès dans un autre, et si, en

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réalité, il n'y a pas tout simplement un déplacement de

force. Il est plus que probable pourtant que c'est par une simple transformation île force que ces changements ont lieu, dans les points mêmes où l'inhibition et la dynamogénie se produisent.

L'étude de l'inhibition et de la dynamogénie, chez l'homme comme chez les animaux, montre, d'après .M. lirown-Séquard, leur analogie parfaite avec ce qui a lieu dans l'hypnotisme. Les phénomènes braidiques consistent essentiellement en une mise en jeu de propriétés ou en diminution et augmentation de propriétés et d'activités. De très grands changements de puissance et d'activité se produisent dans l'organisme à l'état normal ou à l'état morbide, par suite des modifications dans les fonctions de la vie organique et dans le système nerveux vaso-moteur et par les phénomènes extérieurs. Mais les diminutions et les augmentations de puissance ainsi produites sont lentes à se montrer, et l'on ne peut par conséquent pas considérer comme appartenant à cette classe de faits ceux que Braid et les auteurs ont rapportés, ceux qu'on observe journellement dans l'état hypnotique, et que caractérise surtout leur instantanéité. Sur un hypnotisé, Braid a constaté que la puissance auditive élaiL à peu près douze fois ce qu'elle est à l'état normal; au lieu de n'entendre le tictac d'une montre qu'à une distance de moins de trois pieds, il l'entendait même aune distance de trente-cinq pieds. L'odorat s'exalte aussi tellement que, dans un cas, Braid s'est assuré que l'odeur d'une rose était sentie à la distance de quarante-six pieds. Les sensi-

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bilités tactile et thermique sont aussi exagérées d'une manière extraordinaire, et pourtant « de cet état d'extrême irritabilité des sens l'hypnotisé peut tomber tout d'un coup daus un état de rigidité musculaire avec torpeur si grande qu'il n'entend même plus le bruit le plus intense, qu'il ne sent plus les odeurs les plus vives, ni le froid, ni la chaleur. On peut le piquer, le couper, le galvaniser énergiquement sans qu'il donne le plus léger signe de douleur. Voilà des faits qui, en raison de la rapidité de production de l'état particulier du système nerveux qui les rend possibles, ne peuvent s'expliquer que par un changement purement dynamique ».

Dans l'état hypnotique, les mouvements du cœur et de la respiration, la l'acuité réflexe, la mémoire, la faculté de parler, l'activité intellectuelle peuvent se perdre et revenir rapidement ou soudainement. Comment faire dépendre ces changements si brusques de modifications dans la nutrition ou dans l'irrigation sanguine?

L'acte initial lui-même, à l'aide duquel un individu est jeté dans l'hypnotisme, n'est qu'une irritation périphérique (d'un des sens ou de la peau) ou centrale (par influence d'une idée ou d'une émotion) qui produit une diminution ou une augmentation de puissance dans certains points de L'encéphale, de la moelle épinière ou d'autres parties. Essentiellement donc l'hypnotisme n'est qu'un effet et un ensemble d'actes d'inhibition et de dynamogénie.

Le transfert de l'aneslhésie et de l'hyperesthésie est

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