‹ Les hysteriquesChapitre 105 sur 265 · EXPLICATIONS PHYSIOLOGIQUES · texte numérisé non relu

EXPLICATIONS PHYSIOLOGIQUES

aussi un phénomène d'inhibition el de dynamogénie. L'expérimentation sur 1rs animaux prouve qu'une simple piqûre de la moelle épinière, sans destruction

appréciable de conducteurs servant à la transmission des impressions sensitives, peut inhiber la puissance des éléments sensitifs de la moelle et des nerfs du côté opposé, et dynamogénier la puissance de ces éléments du côté correspondant.

De plus, les troubles de sensibilité produits par une lésion organique expérimentale peuvent être transférés d'un côté du corps à l'autre sous l'iniluence d'une seconde lésion. Lorsque M. Brown-Séquard a réussi à produire, par la section transversale d'une moitié latérale de la protubérance annulaire, l'anestbésie du côté opposé et l'hyperesthésie du côté correspondant, il n'a, pour transférer l'anestbésie là où il y avait de l'hyperesthésie, et vice versa, qu'à faire une section transversale de la moitié latérale de la moelle dorsale du côté de l'anesthésie. — Autre expérience : si l'on élonge lenerfsciatique d'un mammifère du côté où l'on a produit de l'anesthésie par une section hémi-latérale de la moelle dorsale, il y a très rapidement, dans nombre de cas, un retour de sensibilité à un degré considérable et quelquefois de l'hyperesthésie, non seulement dans les parties animées par le nerf sciatique élongé, mais aussi dans celles qui reçoivent leurs fibres nerveuses du nerf crural. L'anesthésie ne dépend donc pas, dans ce cas-là, de la section des conducteurs sensitifs dans la moelle dorsale. Gomme elle s'était montrée d'une manière soudaine, et qu'elle a

INHIBITION BT DYHAMOGÉKIE.

pu disparaître presque aussi soudainement, il nous faut admettre qu'elle était due à une inhibition et qu'elle a disparu sous une influence dynamogénique; dans le transfert, la production d'anesthésie là où il y avait de 1 hyperesthésie, n'est qu'une production d'inhibition là où il y avait de la dynamogénie.

Quoi qu'il en soit des explications ingénieuses que nous venons de résumer, on voit, d'après les faits relatés plus haut, que l'hystérie grave, et nous nous plaçons surtout au point de vue de l'état mental, peut revêtir suivant les cas une physionomie très différente. Vous l'avez vue s'accuser par une perversité étrange, par les plus mauvais instincts, par une invincible tendance au mal. Nous la voyons maintenant se traduire par des dispositions morales toutes différentes,le besoin irrésistible des pratiques de dévotion les plus outrées, les rêveries mystiques, la tendance à la contemplation et à la concentration de la pensée sur les choses du culte et de la foi. Singulier contraste ! qui ne doit pas étonner cependant. Qu'il s'agisse de la piété maladive, des extases religieuses de Louise Lateau, ou des mystifications systématiques si dangereuses et de la dépravation profonde de la Glaser, on assiste dans les deux cas aux manifestations d'une surexcitation nerveuse des plus accusées. Le fond, le point de départ si l'on veut, est le même : c'est la perturbation des facultés affectives; mais, par suite du milieu dans lequel elle est éclose, de l'éducation, des tendances spéciales au sujet, l'hystérie a pris des chemins divers et abouti à des formes psychiques différentes. Lafemme mystique,

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