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ANOMALIES DU SOMMEIL

l'extatique, l'hallucinée n'en est pas moins une hystérique au même degré el au même titre que celle que nous avons vue tout à l'heure mentir, calomnier, accuser, tromper et répandre autour d'elle le trouble et la désolation.

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a. par sa durée exceptionnelle. — /». par aililition de phénomènes Bomnambufiques.

Nous sommes bien loin d'en avoir fini avec les phénomènes cérébro-psychiques imputables à l'hystérie

grave. Il nous paraît absolument légitime, en effet, de rattacher à cette névrose certains troubles de l'importante fonction du sommeil physiologique.

Cette suspension momentanée de la conscience, qui est la caractéristique principale du sommeil normal, peut se montrer, chez des sujets notoirement hystériques, non plus seulement une lois par vingt-quatre heures, mais pendant une période de temps exlraordinairement prolongée, sous forme d'attaques de sommeil ou de léthargie spontanée. Xo'ici, par exemple, l'observation d'une malade qui se trouve depuis 1866 dans mon service de la Sal pétri ère; on y verra que cette femme a dormi, d'un sommeil évidemment anorjual comme durée, du 7 avril au 7 juin 1875, du 25 mars au 9 avril 1876, du 3 au 14 mars et du 12 au 16 avril 1877, c'est-à-dire pendant des périodes de cinq à soixante jours. Elle offre d'ailleurs un grand

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nombre des manifestations somatiques et intellectuelles propres à l'hystérie grave.

OBSERVATION XVIII. Antécédents : mère épileptique. — Début des attaques à dix-huit ans. — Grossesse. — Pertes utérines. — Influence des rapports sexuels el des règles sur les attaques. — Paralysie consécutive aux attaques. — Laclorrhée. — Etat de la malade en 18(16. — Douleurs abdominales. — Paraplégie. — Contracture. — Déformation des pieds. — Secousses. — Anesthésie. — Caractère des attaques. — Hallucinations. — Extases. — Etat de la malade en 1875. — Hyperesthésie ovarienne double. — Tympanisme. — Obésité. — Sensibilité. — Motilité. — Déformation des pieds. — ■ Arthrite chronique des genoux. — Sommeil ordinaire. — Attaques de sommeil. — Prodromes. Symptômes.— Phénomènes cataleptiques.

— Contractures. — Signes qui annoncent la fin des attaques de sommeil. — Mouvements cloniques, délire. — Description de l'attaque de sommeil de 1876. — Abaissement de la température centrale.

— État de la malade depuis cette époque.

Bel... Eudoxie, célibataire, sans profession, était âgée de vingt-sept ans, lors de son admission à la Salpêtrière, le 17 février 18G6, dans les salles de mon prédécesseur.

Antécédents. — Son père serait mort d'an asthme; sa mère, qui a succombé à un cancer de l'estomac, aurait été atteinte d'épilepsie à la suite d'une frayeur occasionnée par la vue d'un cadavre; les accès auraient débuté après la naissance de la malade et auraient disparu au bout de six ans. Une sœur (de mère seulement) est nerveuse, impressionnable, mais n'a pas d'attaques. Pas de consanguinité. H... ne sait rien de son enfance, elle ignore si elle a eu des convulsions; ce qu'elle se rappelle seulement, c'est qu'elle pleurait ou riait par crises et sans motifs. Les règles, parues à onze ans, ont été précédées de douleurs dans les reins et le bas-ventre; elles ont été régulières dès l'origine, sauf parfois un léger retard.

Les attaques auraient débuté à dix-huit ans. Vers dixneuf ans, H... aurait eu une gastrite ou une gastralgie pour

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laquelle elle aurait été soignée à L'hôtel-Dieu d'Amiens. A vingl et un ans. elle a l'ait une fausse couche de cinq mois, suivie d'accidents du côté du ventre el de pertes utérines qui

se seraient répétées pendant huit mois. Sa grossesse aurait occasionné de fréquents vomissements; mais elle n'aurait pas modifié les attaques. En ce qui concerne l'influence des rapports sexuels, son amant, qu'elle a connu trois ans et qui est mort en prison où il avait été mis pour une affaire de contrebande, lui aurait dit qu'elles devenaient plus fortes.

A la suite d'une série d'attaques, survenues à vingt-deux ans, s'est montrée une paralysie qui persiste encore et pour laquelle elle est entrée à l'hôpital Lariboisière. Les jambes étaient rigides. Là, on lui a fait des cautérisations avec le fer rouge sur la jambe gauche. Pendant son séjour, les genoux ont été le siège de douleurs violentes; le genou gauche aurait même augmenté de volume et on lui a mis des ventouses scarifiées dont les cicatrices sont encore visibles. A partir de cette époque jusqu'à son entrée à la Salpêtrière, elle a été d'hôpital en hôpital. En novembre 1865, elle a eu\e choléra.

État en janvier 1866. — H... présente un embonpoint notable; le ventre surtout est volumineux. L'appétit est presque nul; la malade a souvent des renvois gazeux, des nausées suivies ou non de vomissements bilieux ou alimentaires, une sensation de barre et de gonflement à l'estomac, de la lympanite; les garde-robes sont rares.

Sensation d'une boule qui se déplace. — La respiration et la circulation n'offrent pas d'altérations appréciables. Les seins sont très gros et la malade y éprouve fréquemment des élancements qui seraient plus intenses à l'époque des règles. Le sein gauche, depuis la fausse couche, a toujours donné écoulement à du lait. Les règles viennent régulièrement avec une avance de trois jours, durent quatre jours, s'accompagnent de souffrances dans le ventre et la région lombaire, principalement à gauche, et rendent les attaques plus violentes.

Les mouvements des brns sont libres; II... serre moins bien de la main gauche que de la droite. Parfois, lorsqu'elle a les yeux fermés, elle ne distingue pas les objets au toucher; d'autres fois au contraire, elle les reconnaît exactement. Les membres inférieurs sont paralysés, et d'habitude dans l'adduction; la paralysie est incomplète, en ce sens que la malade exécute au lit quelques mouvements, mais il lui est impossible de se tenir debout. La paralysie est plus prononcée à gauebe. A droite, la jambe étant fléchie, si on demande à la malade de l'allonger, on sent une légère résistance. Le pied droit est normal; le gauebe est en varus équin et les orteils de ce coté sont contractures dans la flexion. La notion de position parait abolie à certains jours. La malade a souvent des secousses à peu près également dans les jambes et dans les bras, secousses qui la font sauter et la réveillent quand elles viennent la nuit.

La vessie n'est pas paralysée; toutefois, H... ne peut pas se retenir longtemps, ni suspendre la miction commencée.

La sensibilité générale (toucher, pincement, piqûres, etc.) est abolie sur tout le corps et aussi bien pour les muqueuses que pour la peau.

Les attaques commencent ordinairement le matin à sept heures et finissent à onze heures. Le corps est rigide, la tête dans l'extension. H... a des mouvements cloniques très violents; la respiration est saccadée. Les attaques se terminent par des hallucinations et de l'extase. Elle veut s'en aller, voit des lapins, des puces « grosses comme un manche à balai», elle rit aux éclats; à un autre moment, elle est assise, immobile, les yeux fixes.

La compression épigastrique calme presque instantanément les attaques et les suspend pendant quelque temps. Les attaques se montrent le matin à sept heures et de nouveau vers quatre heures de l'après-midi. En raison de la périodicité des crises, on a administré, mais sans succès, du sulfate de quinine. II... se plaint sans cesse du ventre qui

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