‹ Les hysteriquesChapitre 116 sur 265 · DISPOSITIONS EROTIQUES PASSAGÈRES · texte numérisé non relu

DISPOSITIONS EROTIQUES PASSAGÈRES

veuses, qui auraient été considérées comme des crises hystériformes.

Il y a quatre ans, à la suite d'un refus de mariage, son prétendant se serait jeté sur elle et l'aurait maltraitée. Elle en aurait éprouvé un grande frayeur, et, dès le lendemain, se serait mise à déraisonner.

Elle n'aurait jamais eu, depuis cet incident, d'attaque vraie d'hystérie ou d'épilepsie. Cependant, des médecins qui la virent, auraient diagnostiqué chez elle des attaques convulsives nocturnes.

Durant les deux premières années qui ont suivi la peur relatée plus haut, la malade s'est fait remarquer par son caractère triste et mélancolique, mais au demeurant est toujours restée inoffensive. Cependant on l'a séquestrée : elle a eu des crises d'hystérie et a présenté de l'anesthésie généralisée.

A différentes reprises, elle a voulu s'empoisonner avec des allumettes chimiques. Une autre fois, elle a essayé de s'étrangler avec un cordon, et le médecin n'a pu qu'avec peine la faire revenir à elle.

Actuellement, elle est dans l'état suivant : il existe une anesthésie complète. La malade traîne un peu la jambe droite en marchant, elle a des caprices d'appétit; elle a fort peu de mémoire. Elle n'est jamais contente, pleure et rit beaucoup sans motif. Elle est peu travailleuse et a toujours le désir de se suicider.

Dispositions erotiques passagères. — Oïl a lait,

surtout dans le monde, un certain bruit autour des dispositions erotiques des hystériques. Nous avons déjà dit plus haut ce qu'il fallait penser de ce besoin de satisfactions sexuelles inventé à plaisir, de cette prétendue excitation génésique dont on a fait à tort une des caractéristiques de l'hystérie. L'hystérie et la nym-

Llgraxd du Saille. Les hystériques. -<J

306 FOLIE BYSTÉRIQUE.

phomanie ont été trop souvent systématiquement confondues. Le préjugé public n'a pas été sans influer sur les opinions médicales, et, dans certain procès récent (scandales de Bordeaux l), des médecins experts n'ont pas hésité à qualifier la principale accusée d'hystérique. Or, l'hystérie et la nymphomanie sont deux névroses bien différentes l'une de l'autre, qui ont leurs caractères propres.

L'érotisme, lorsqu'on le rencontre chez les hystériques, n'est qu'un épisode accessoire du délire, une des modalités de cette excitation générale du système nerveux qui caractérise à un si haut degré le délire hystérique. Un voit, en effet, parfois les jeunes filles les mieux élevées, les plus réservées avant leur maladie, se prendre d'une passion passagère pour leur médecin ou leur confesseur, s'émouvoir au bruit du pas d'un homme, concevoir des idées de mariage, rêver des unions disproportionnées; mais tout cela d'ordinaire sans suite. L'idée délirante apparaît souvent subitement, disparaît de même, change de sujet et d'objet.

Bien différente est la nymphomanie proprement dite, qui se traduit par un besoin impérieux, constant, des rapports sexuels. Ici, la fixité du délire fait un frappant contraste avec la mobilité des excitations génériques passagères des hystériques.

Délire avec conscience. — Je viens de décrire les aspects variés sous lesquels se présente la folie hystérique et les formes multiples qu'elle peut revêtir. Je dois, avant d'aller plus loin, insister sur certains carac-

1. Voyez Annales d'hygiène publique et de médecine légale, 1882.

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