DÉLIRE AVEC CONSCIENCE
tères qui décèlent réellement la vésanie. J'en ai déjà,
chemin faisant, signalé quelques-uns. Si, en effet, la folle hystérique est tantôt une maniaque, tantôt une monomaniaque, souvent une hallucinée, dans quelques cas une erotique, elle est maniaque ou hallucinée à sa façon, comme elle est, nous venons de le dire, erotique à sa manière.
La conscience du délire n'est pas un des traits les moins typiques. M. Moreau (de Tours) a fait avec beaucoup de sens ressortir l'importance de ce caractère. Au plus fort de l'accès délirant, en effet, des excentricités et des extravagances, des désordres multiples et même des hallucinations, les malades peuvent se ressaisir un instant. On peut fixer souvent leur attention. Elles avouent alors ne pas savoir ce qu'elles disent, déclarent qu'il n'y a rien de réel dans leurs fausses perceptions; puis elles retombent dans l'état d'où l'on vient de les tirer passagèrement.
L'observation suivante de Brierre de Doismont est à cet éuard très intéressante.
OBSERVATION XXVII1.— Excitation violente. — Idées de possession, — Hallucination. — Délire avec conscience.
Mademoiselle S***, âgée de quarante-six ans, croit que tous les malheurs qui arrivent dans le monde sont causés par elle. A l'entendre, elle a tous les défauts. Dieu s'est retiré d'elle et l'a abandonnée à Satan. Cette aliénation, qui s'est d'abord montrée sous la forme triste, est maintenant carac-