‹ Les hysteriquesChapitre 118 sur 265 · Brierre de Boismont, Des hallucinations, p · texte numérisé non relu

Brierre de Boismont, Des hallucinations, p

térisée par des chants, des récits, des monologues qui sont débités avec une volubilité extrême et de grands éclats de voix. Mademoiselle S... reconnaît et avoue que tout cela est absurde et peut, ajuste titre, la faire passer pour folle, mais elle obéit à une force irrésistible qui l'entraîne : rien au monde ne pourrait l'empêcher de s'épancher au dehors. A ces grandes exaltations succèdent de fortes crises hystériques; elle se débat en proie à des convulsions très violentes et très longues. Le spasme a son point de départ dans l'utérus. Lorsqu'on place la main sur cette région, les mouvements de la malade deviennent d'une autre nature, et elle dit elle-même que tout se passe dans son ventre. Tendant ces attaques, les figures des assistants se transforment ; elle voit des fantômes hideux, le diable lui apparaît; ses idées de possession sont bien plus vives; elle pousse des cris perçants, supplie qu'on la délivre de ces apparitions, rit aux éclats, fond en larmes; puis, au bout de quelques heures, elle revient à son état habituel.

Je ne reviendrai pas sur les caractères que j'ai précédemment indiqués, et qu'on retrouve dans les observations que j'ai citées plus haut : la mobilité du délire, l'exaltation de l'intelligence pendant les accès, etc., sont des phénomènes assez connus. Je rappellerai cependant, à ce dernier point de vue, un trait singulier de la folie hystérique : il n'est pas rare que, pendant la crise de délire, la mémoire devienne plus vive, la parole plus facile, l'élocution plus brillante, l'intellect passagèrement plus pénétrant.

« Dans l'hystérie, dit Dubois (d'Amiens) l, on a quel-

1. Dubois (d'Amiens), Histoire philosophique de ïhypochondrie et de l'hystérie, 1837.

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