EXCENTRICITÉ EN GÉNÉRALE
sanglantée. Son mari lui prodigue tous les soins possibles et elle raconte bientôt qu'elle a été attaquée par des hommes armés. Les journaux racontent le l'ait, et, en moins de trois semaines, deux autres adressions identiques se produisent dans Paris. La police croit à L'existence d'une bande de malfaiteurs et prend partout des informations. Or, les trois victimes étaient des hystériques.
Une jeune fille se tire un coup de pistolet et se blesse légèrement. Elle donne sur son prétendu assassin les détails les plus précis et elle entre dans les plus émouvants détails au sujet du drame. C'était une hystérique.
Dans un wagon, une jeune fille reçoit au côté un coup de poignard. L'événement fit très grand bruit. Or, e'esl dans un accès d'hystérie que la malade — peut-être inconsciemment— s'était frappée elle-même.
Mû par la pensée d'être utile, j'ai recherché avec quelque soin les relations authentiques d'actes anormaux, surprenants, inexpliqués ou nuisibles commis par les hystériques. J'ai recueilli des observations qui se trouvaient éparses dans un grand nombre de recueils périodiques ou d'ouvrages antérieurs. J'ai ajouté les faits cliniques qu'une pratique déjà longue m'a permis de réunir. Ces matériaux, groupés et déroulés ici, vont constituer le dossier médico-légal de l'hystérie.
En présence de l'extrême diversité des laits dont il va être question, j'ai cru qu'il était indispensable de les répartir par catégories, en prenant pour base de cette classification le point de vue qui doit surtout préoccuper le médecin légiste et le magistrat, à savoir,
La situation dans laquelle les actes commis placent l'hystérique vis-à-vis de la société, suivant que ces actes sont ou non dommageables à cette dernière, et suivant la mesure dans laquelle ils le sont. Ainsi, de même que j'ai dû admettre plusieurs degrés dan manifestations intellectuelles de la névrose, de même j'ai dû diviser les observations médico-légales en trois groupes : le premier comprendra la relation des actes insolites; le second, celle des actes délictueux; le troisième, celle des actes criminels.
Sous la rubrique « actes insolites » on trouvera les exemples des excentricités, mensonges, mystifications, supercheries et simulations qui, n'offrant pas de caractère vraiment dommageable à autrui, ne donnent pas lieu à l'intervention judiciaire, sinon par méprise; j'y ai joint les tentatives de suicide et les suicides accomplis qui ne ressortissent qu'aux lois de la morale et ne peuvent pas entraîner de pénalités humaines.
Les actes délictueux comprendront, comme les définit le Gode, les vols, abus de confiance, fausses imputations ou accusations dommageables dirigées contre autrui.
Enfin, sous le nom d'actes criminels, je grouperai les rapts d'enfants, les attentats aux mœurs, les menaces de mort, les coups et blessures, incendies, infanticides, assassinats, etc.