‹ Les hysteriquesChapitre 136 sur 265 · SIMULATIONS ET MYSTIFICATIONS · texte numérisé non relu

SIMULATIONS ET MYSTIFICATIONS

OBSERVATION XXXVIII. — Taches ecchymotiques attribuées à toit à des violences de la part du mari.

Madame M... était une grande femme, brune, très vive, dont les regards lançaient des traits de flamme. Elle n'av,<it pas pu vivre longtemps avec son mari et l'avait quitté; niais celui-ci venait de temps en temps lui faire des scènes violentes, et la menaçait de la faire rentrer à son domicile par les voies légales.

Madame M... était depuis longtemps sujette à des attaques d'hystérie très fortes. Un jour que son mari était venu chez elle, la crise nerveuse dont elle fut atteinte devint si violente que les voisins l'entendant crier vinrent me chercher. Je n'ai jamais vu d'attaque d'hystérie aussi effroyable. Elle échappait à toutes les mains qui voulaient la contenir. Elle glissait dans son lit et se tordait comme un serpent, bondissait sur le parquet comme un chevreuil, se heurtant à tous les meubles, sans paraître éprouver le moindre sentiment de douleur, s'emparanl de tout ce qui lui tombait sous la main et le brisant sans pitié. Elle saisit, un moment, le pied d'une petite table d'acajou, et l'agita comme un éventail avec une force surhumaine.

Pendant ces scènes de bacchante, elle s'était fait des contusions nombreuses. Dans la journée on alla chercher son père, qui, voyant les taches noires qui avaient succédé sur son visage aux coups qu'elle s'était donnés, crut que son mari s'était livré sur elle à des actes de violence. Il entra dans une fureur extrême et se disposait à aller trouver les magistrats pour leur porter plainte, lorsqu'un voisin, témoin de son émotion, lui conseilla de venir me parler de cette affaire.

J'eus beaucoup de peine à le détourner de son projet, d'autant plus qu'il éprouvait depuis longtemps contre son gendre une vive animosité.

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