‹ Les hysteriquesChapitre 137 sur 265 · SUPERCHERIES · texte numérisé non relu

SUPERCHERIES

Mais je De poux omettre un épisode qui n'est pas le côté le moins curieux de ce drame bizarre. La terrible crise, dont j'avais été le témoin, et qui avait donné lieu aux contusions dont on voulait rendre responsable le malencontreux mari, n'avait pas été provoquée par ce dernier. J'appris plus tard, de source certaine, que le mari, ce jour-là, n'avait rien dit à sa femme de bien pénible et de bien menaçant, mais que la scène qui avait mis les nerfs de la dame en révolte avait été provoquée par son amant, qui, ayant vu sortir le mari, s'était montré jaloux au point de reprocbcr amèrement à la femme la visite de l'homme dont il avait usurpé la place !

Si je n'étais pas parvenu à apaiser le père, on aurait donc pu voir son mari incriminé et peut-être condamné pour des violences sur sa femme, dont il était complètement innocent '.

OBSERVATION XXXIX. — Supercheries. — Tentatives vraies ou simulées de suicide. — Grossesse et diverses maladies simulées.

Madame V... est une hystérique, que le besoin incessant d'attirer l'attention publique a conduite, d'après le certificat de M. Lasèyue, à une intoxication chronique par le chloroforme et l'éther, avec affaiblissement intellectuel consécutif.

Après avoir essayé vainement de s'empoisonner chez elle, il lui a semblé qu'elle se devait à elle-même de ne pas mourir ignorée et inconnue. Elle se rend sur les boulevards, et donne une sorte de représentation qui attire les curieux. Elle s'arrête, au milieu de ses succès de comédienne, pour annoncer qu'elle va quitter la vie, vide d'un trait une petite bouteille de laudanum, et attend froidement sur le seuil de l'éternité une mort, qu'elle sait ne pas devoir venir. On s'empresse, on l'entoure, elle est rappelée à la vie.

1. Bergeret, in Ann. d'hyg. puhl. et de méd. lég., 2* série, t. XIX, p. loi, 1 8(JC .

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