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Bracbet, Traité de l'hystérie, Paris

indouzy, Traité complet de l'hystérie, Paris, I8t8. 7. Briquet, Traité clinique et thérapeutique de l'hystérie, Paris, 18.TJ.

CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES

courant do toutes les étrangelés psychiques de l'hystérie, qu'ils se sont laissé convaincre d'impéritie et d'incompétence.

Il me paraît donc exister une lacune dans les ouvrages qui traitent de l'hystérie. On a jusqu'à ce jour étudié l'hystérique surtout en elle-même et pour ellemême, si je puis dire; on ne s'est pas attaché à la suivre au milieu de la société, à travers les mille relations de la vie civile, dans les rapports multiples et compliqués qu'entraînent les nécessités sociales. Combler cette lacune, réparer cet oubli, telle est la tâche que j'entreprends aujourd'hui, désireux de mettre à profit, dans cette étude, un grand nombre de documents et d'observations que ma situation particulière m'a permis de recueillir.

Je n'ai pas songé cependant, quel que fût le but que je me proposais plus spécialement d'atteindre, à séparer complètement l'étude des troubles psychiques de l'hystérie de celle des désordres somatiques qui les accompagnent d'habitude. En clinique, tous les symptômes d'une même affection, si disparates qu'ils puissent paraître, sont connexes. La pratique ne s'accommode pas plus que la nosologie de ces divisions un peu arbitraires qui nous sont quelquefois imposées par les exigences de la description, mais dont on doit s'efforcer de pallier les défectuosités par d'utiles rapprochements. Aussi ferai-je précéder l'étude des symptômes intellectuels de la névrose par la description succincte, mais autant que possible précise et complète néanmoins, des manifestations dites somatiques. La con-

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aaissance de ces troubles n'est d'ailleurs pas moins indispensable à L'aliéniste el au médecin Légiste qu'au médecin praticien, s'il veul s'entourer de Loutes les garanties possibles pour arriver au diagnostic exact d'un désordre cérébral donné.

Guidé par des considérations du même ordre, j'ai cm devoir faire une place assez large à l'étiologie de la névrose. Des raisons spéciales m'ont poussé à ne pas négliger ce côté si important de l'histoire de l'hystérie. Il règne encore dans le public et même, faut-il le dire, parmi un certain nombre de médecins, à propos des causes et de la nature de la névrose un fâcheux préjugé, dont on a fait logiquement découler de funestes conséquences pratiques. On a considéré pendant longtemps la maladie comme ayant son point de départ dans les organes génitaux, dans l'utérus; on l'a envisagée comme un état donnant lieu nécessairement à une déplorable lubricité, comme une sorte de maladie honteuse dont le médecin hésite souvent encore à prononcer le nom devant les familles. Aussi devais-je m'efforcer, par une incursion dans le domaine écologique, de remettre l'hystérie à sa vraie place et de montrer le peu de fondement d'une opinion à jamais jugée.

Qu'on le sache bien, la femme hystérique a été calomniée : elle n'est point asservie par la sensualité. Son exagération sentimentale peut lui faire prendre d'admirables initiatives ou la conduire aux plus fâcheuses défaillances. Ses actes ne sont point pondérés.

Le cadre de ce travail étant ainsi élargi, il n'y avait

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plus de raison pour ne pas étudier en détail le diagnostic et le traitement de la maladie, à propos desquels la science a fait dans ces dernières années d'intéressantes acquisitions.

En ce qui touche directement l'étude de l'état mental et des conséquences médico-légales qui s'y rapportent, je puis répéter ce que j'écrivais dans un autre travail, à propos des épileptiques ' : « Ici, tout est clinique et question d'espèce. Un problème médico-légal n'étant que la résultante obligée d'une appréciation clinique, il faut simplement, à mon avis, prendre la clinique pour point de départ, et n'aborder qu'ensuite les déductions pratiques, sociales et judiciaires. »

Parmi les questions les plus neuves et les plus originales qui se sont imposées à mon examen, je signalerai principalement les vols dans les grands magasins, la séparation de corps, les actes excentriques multiples, les menaces ou les tentatives de suicide, les fausses dénonciations, les aventures dramatiques, les vivacités suspectes, les délits divers, les crimes et les manifestations délirantes, dont l'hystérie n'a été trop souvent que le prétexte faussement allégué ou que la cause déterminante réelle, mais méconnue.

Les erreurs ne finissent-elles pas toujours par faire éclater la vérité ?

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