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ÉPINGLES AVALÉES

OBSERVATION KLM. — Impulsions. — Tentatives de suicide. Plaies volontaires. — Épingles avalées. — Irascibilité turbulente.

I'..., âgée de vingt et un ans, est la fille d'un maniaque paroxystique, qui a tenté de s'empoisonner avec du laudanum.

Jusqu'à seize ans, elle n'a rien présenté de particulier. A cette époque, elle fut prise d'une grande colère pendant laquelle elle faillit tuer sa mère avec un couteau qui se trouvait usa portée. A dix-huit ans, elle se marie. Un jour elle s'exalte et fuit le domicile conjugal. En se sauvant dans la rue, elle est prise d'une attaque que l'on croit avoir été hystéro-épileptique. Les agents la ramassent, on la camisole et elle est envoyée à l'hôpital Tenon.

Nous voici arrivé au mois de septembre 1878. L'observalinu à laquelle on la soumet dans cet hôpital révèle chez cette malade des idées de suicide accompagnées de tentatives infructueuses. C'est ainsi qu'elle prend plaisir à avaler des épingles à cheveux et à se faire des plaies dont les cicatrices sont encore visibles. Chaque jour, elle éprouve des crises d'hystéro-épilepsie, six et même plus; on la soume-. au traitement bromure (six grammes par jour). L'amélioration arrive et on l'envoie au Vésinet où ses crises la reprennent, ce qui motive son renvoi à l'Hôtel- Dieu. Le même état s'j reproduit. Sous prétexte de la reconduire chez elle, on l'emmène en réalité à Sainte-Anne; Elle découvre la supercherie et elle veut se jeter par la portière de la voiture. On est obligé de l'attacher. A Sainte-Anne, en face de ces accidents, on la soumet de nouveau au bromure de potassium. Quatre mois après, le 15 novembre 1879, elle est envoyée à la Salpèlrière.

Au début elle se dispute avec les autres malades et elle cherche même à étrangler l'une d'elles. Après six mois de traitement, on la rend à son mari qui la redemande. Mais

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peu de temps après, en allant reporter de l'ouvrage, elle est frappée d'une nouvelle attaque sur la place de la Bastille, el immédiatement dirigée sur l'hôpital Saint-Antoine. Nouvelles crises et nouvelles tentatives de suicide. Second renvoi à Sainte-Anne, suivi d'une nouvelle entrée à la Salpêtrière.

Actuellement l'anesthésie de tout le côté droit est incomplète, excepté au pied où elle est absolue. Elle marche en traînant la jambe droite, et tout le membre supérieur de ce même côté est moins fort que l'autre. Depuis son entrée, elle n'a plus éprouvé d'attaques, mais son caractère irascible est toujours le même. Elle semble s'améliorer et elle désire sa sortie.

OBSERVATION XLIII. — Hystérie héréditaire.— Tendance au suicide. Affaiblissement général progressif.

Mademoiselle C... a été prise, dès Vàge de huit uns, d'accidents hystériques qui lui ont fait commettre des actes, instinctifs, mauvais et désordonnés. Elle est placée depuis longtemps déjà à Saint- Yon, et de jour en jour on voit disparaître ses facultés intellectuelles et sa santé physique. Elle s'affaiblit considérablement.

Elle a des tendances au suicide.

« Le père de cette malade, dit Morel, n'a pas peu contribué à nous convertir à l'opinion que dans le sexe masculin il existait de véritables accès d'hystérie, parfois de la plus grave espèce. A la moindre contrariété, cet homme se roulait par terre, étouffait, sanglotait et présentait tous les symptômes de la folie hystérique1. »

1. Doutrebente, in Ann. médic.-pxych.,fr série, t. II, p 389.

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