EMPOISONNBMENT REEL OU SIMULÉ
ans, avec la qualification d'hystérique. Elle sort plusieurs fois parfaitement raisonnable, et revient présentant les symptômes les plus bizarres et les plus variés de l'extase, de la catalepsie, de la stupidité, de l'érolisme et de l'hystérie convulsive. Pendant une de ses sorties, elle devient enceinte et abandonne son enfant. Pendant son dernier séjour à l'hospice elle commet, au milieu d'excentricités sans nombre, les actes les plus graves. La moindre chose la surexcite; elle crie, frappe, se débat de manière à motiver pendant plusieurs jours des mesures coercitives. Une fois elle est restée pendant plusieurs jours comme morte dans son lit; une autre fois elle se pelotonne rigide sur un fauteuil. Il lui arrive de se mutiler, de chercher à se détruire. Elle se fait une blessure au poignet. Un matin, pâle, refroidie, elle vomissait abondamment; elle avait, dans un carré de jardin, fait main basse sur des plantes vénéneuses qu'elle avait dévorées. »
Cette malade a quitté la Salpétrièrc en assez bon état.
OBSERVATION XLV. — Menaces d'inconduite. — Culpabilité imaginaire. — Prétendues impulsions homicides. — Tentatives réelles ou simulées de suicide.
Madame A... a présenté de bonne heure un caractère fier, ombrageux. Réglée à treize ans, elle éprouve depuis cette époque de fréquentes attaques d'hystérie, qui, indépendamment de son état de nervosisme habituel, ont été entretenues par une stimulation directe des organes génitaux.
Mariée à vingt ans, elle devient mère sans que les crises
TENTATIVES DE SUICIDE
disparaissent. Elle se plaît à rendre son mari malheureux : un jour elle lui annonce avec le plus grand sang-froid qu'elle
est lasse de sou amour et qu'elle va courir les aventures galantes. Cette détermination soudaine se change en Idée ii\<\ elle l'ait mille projets, dore de toutes les manières son existence de femme adultère, elle éprouve un bonheur indicible à aiguillonner sa jalousie. Le désordre est dans l'âme, mais elle reste épouse vertueuse. Une autre fois elle le menace de lui couper les parties génitales et s'amuse beaucoup de sa frayeur.
Elle parle bientôt de s'empoisonner et simule quelques tentatives. On la séquestre à l'asile de Ville-Evrard.
Le certificat d'entrée constate que madame A « est atteinte de folie instinctive et de désordres impulsifs. Elle déclare qu'elle se sent entraînée à tuer les personnes qui l'entourent, son mari, son enfant, sa famille, que, si on ne la sauve pas contre ses violences, elle tuera quelqu'un, ou se tuera elle-même, qu'elle veut être criminelle pour mourir sur l'écbafaud. »
A l'asile elle aime à répéter qu'elle estune mère dénaturée, un monstre avide de sang et de carnage; livrée à elle-même, elle travaille, lit, fait de la musique, etc..
Le 20 février 187(3, elle réussit à s'emparer d'un flacon contenant une solution de deux grammes de chlorhydrate de morphine, et vingt minutes après elle se vante de l'avoir avalée d'un seul trait. Des symptômes d'intoxication se manifestent en réalité. La tête est lourde et tombe sur la poitrine, la marche est titubante ; elle accuse de vives démangeaisons sur tout le corps, mais de beaucoup plus intenses à la face qu'elle écorche en se grattant. Les pupilles sont resserrées; la langue est sèche; la soif extrême; le pouls régulier, mais la température a baissé de deux degrés. Des vomissements surviennent très abondants, l'intelligence reste lucide.
Son mari arrive; à sa vue elle est prise de fréquentes attaques d'hystérie. Elle se roule sur le plancher, se frappe