‹ Les hysteriquesChapitre 146 sur 265 · SUICIDES · texte numérisé non relu

SUICIDES

éprouvait de véritables paroxysmes pendant 'lesquels elle se sentait fatalement poussée au suicide, tantôt par des terreurs paniques, tantôt par des souffrances physiques, lantùt par des souffrances morales qui la jetaient dans le désespoir.

Après trois mois d'alternatives, d'agitation et de calme, de délire et de raison, de désespoir et d'espérance, privée de sommeil, Marie fut conduite à la Salpêtrière le 15 juin 18'20.

On dirigea le traitement contre les conrulsions hystériques. Une amélioration survint au mois d'août, qui permit de lui retirer la camisole et de lui laisser une certaine latitude pour ses promenades dans les jardins de l'hospice. Les idées de suicide l'absorbaient beaucoup moins, sans cependant avoir disparu; on la surprenait encore ramassant des cordes, des liens de toute nature, et, lorsqu'on les lui retirait, elle se tâchait et répétait, tantôt avec emportement, tantôt avec calme: « On a beau faire, je me tuerai. Que fais-je ici? je fais horreur, je suis à charge à tout le monde. »

Le 27 février elle était sortie paisible de l'infirmerie après son déjeuner. Mais, ayant pu s'emparer d'une corde qui servait à maintenir le tuteur d'un jeune arbre, elle nerésistapas à la sinistre tentation.

Prévenu, pendant que je faisais la visite, qu'une femme venait de s'étrangler dans le jardin, je me transportai sur les lieux, où je trouvai cette fille étendue sur le plan incliné d'un fossé, le cou serré par deux tours de la corde dont les chefs étaient fixés à un pieu qui se trouvait en haut du talus.

Une saignée fut pratiquée immédiatement à la jugulaire, et quelques moments après à la veine du bras, mais sans aucun résultat. D'autres tentatives furent continuées pendant plus d'une heure, mais inutilement, pour la rappeler à la vie1.

!. Êsquirol, in A un. d'hyg. publ. et de mêd.lêg.,i. série, t. XXXIV, p lii.

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