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SUICIDE PAR EMPOISONNEMENT

OBSERVATION XI IX. — Suicide par empoisonnement. — Exemple remarquable fie la possibilité des erreurs judiciaires.

Dans la commune de B... (Euro) vivaient les époux X.... La femme était acariâtre et sujette à des accès d'hystérie. Ses passions étaient vives et ses désirs ne pouvaient que rarement être satisfaits.

Dans le mois de décembre dernier, elle accusa son mari d'avoir voulu l'empoisonner. La justice, que le DrBaudry accompagnait, se transporta sur les lieux, et, sur les indications de cette femme, on trouva dans sa maison un vase renfermant de l'arsenic en poudre grossière, et une rôtie au vin, que la malade devait prendre et qui contenait également une grande quantité d'arsenic .

Ces faits motivaient suffisamment l'arrestation de l'époux, qui fut conduit dans les prisons d'Évreux. — Le jour suivant ou le surlendemain, la femme se leva, et se porta fort bien pendant huit jours.

Interrogé sur les motifs qui avaient pu le porter à tenter d'empoisonner sa femme, le mari répondit qu'un pareil projet était bien loin de son cœur, que jamais il n'avait songé à commettre un pareil crime; que d'ailleurs, il avait le plus grand intérêt à ce qu'elle vécût, l'aisance dont il jouissait venant du chef de sa femme, dont le peu de fortune devait retourner à des collatéraux après sa mort. — Enfin il se montrait calme et résigné.

A huit jours de là, sa femme est prise d'une sorte d'accès de folie, on la voit courir dans la campagne et faire mille extravagances : cependant elle rentre chez elle, mais elle y rentra pour ne plus en sortir vivante ; elle mourut le lendemain.

A l'autopsie, on trouva de graves désordres, particulièrement dans l'intestin. — Le tube digestif nous fut envoyé à

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