‹ Les hysteriquesChapitre 148 sur 265 · SUICIDES · texte numérisé non relu

SUICIDES

Évreux, el nous ytrouvàmes une grande quantité d'arsenic, dans un étal de division pareil à celui que nous avions constaté dans le pot de grès et dans la rôtie.

Interrogés -ur la question île savoir si cet arsenic avait pu être ingéré avant l'arrestation du mari, nous n'hésitâmes pas. M. Baudrv el moi, à répondre négativement.

Il va sans dire que le mari fut mis immédiatement eu liberté. Mais que serait-il advenu, ajoute l'auteur de cette note, si ce malheureux n'avait pas été arrêté?... On ne saurait y penser sans frémir. — Combien de phrases éloquentes cette voix accusatrice d'une mourante n'aurait-elle pas inspirées à l'organedu ministère public? Et cette énorme quantité d'arsenic trouvée dans le tube digestif de cette femme, celui qui existait dans la rôtie au vin, et celui qui fut trouvé au domicile conjugal, et puis les déclarations nettes et positives des hommes de l'art dans cette circonstance, tout aurait concouru à faire condamner le. malheureux époux comme un lâche empoisonneur, quoiqu'il fût innocent '.

Des faits qui précèdent, je rapprocherai le suivant,

qui est particulièrement douloureux : en 1852 et 1853, j'ai connu à la maison de Charenton une jeune demoiselle anglaise, hystérique, très exaltée, qui, à l'âge de onze ans, avait essayé de se couper la gorge avec un rasoir, et qui ne cherchait même pas à en dissimuler les horribles cicatrices. Bien résolue à en finir avec la vie, il était évident que la malade recommencerait ses tentatives de suicide. Aussi, lorsque sa famille demanda sa sortie, M. Calmeil, mon chef de service, dut s'y opposer formellement. L'ambassadeur d'An-

1. F. H. Boulignv in An», d'hyg. pub. et de méd. lég., i" série, f. XVI. p. 391.

Page 1