DÉVOUEMENTS EXCEPTIONNELS
jadis séquestrée dans un établissement d'aliénés, don) la bienfaisance dans son quartier est vraiment touchante.
Elle conduit les infirmes et les malades aux consultations de certains médecins, dans les hôpitaux; elle porte du bouillon et du vin aux femmes en couche, du très bon lail aux nouveau-nés; elle vêtit des malheureuses, sollicite sans cesse des admissions dans les quartiers des hospices d'incurables ou dans les salles de la vieillesse (femmes ou hommes) ; elle fait prendre gratuitement des avis chez les spécialistes en renom, distribue des médicaments, du linge, de la charpie, et n'a plus chez elle que le strict nécessaire à l'entretien de sa toilette personnelle, identiquement la même en toute saison. Je ne suis pas sûr qu'elle ait conservé cinq ou six chemises à son usage. Or, cette dame a des accidents hystériques multiples, se plaint sans cesse de sa santé, s'exalte au moindre motif, dort très mal et est sérieusement malade. La récompense modeste, mais très honorable, qui est venue la trouver est pour d'autres une prime d'encouragement. La pratique et la vulgarisation de l'assistance ne peuvent jamais trop pénétrer dans les mœurs publiques d'une grande nation.
Afin d'appuyer sur l'autorité d'un exemple les développements qui précèdent, je citerai ici une observation que je dois à l'obligeance de M. le D1 Ant. Ritti, médecin de la maison nationale de Gharenton.