PHILANTHROPIE EXAGÉRÉE
se «lit que vouloir commettre un tel acte était plutôt le fait d'une folle et qu'il valait mieux pour elle aller consulter un médecin de la Salpétrière. Ce qu'elle fit aussitôt. Arrivée là, elle l'ut interrogée par le commissaire de police du quartier, qui la fit conduire à l'infirmerie du Dépôt de la préfecture, où elle fut examinée par M. le professeur Lasègue. Sur le certificat de ce dernier, relatant les faits suivants: « Actes extravagants, propos incohérents et crises nerveuses pendant lesquelles elle menace de se suicider», mademoiselle Adrienne fut conduite à l'asile Sainte-Anne. Après avoir séjourné quelque temps à Vaucluse, puis à Ville-Evrard, elle vint enfin àCharenton, le 30 mars I87(,ï.
Depuis son entrée dans rétablissement, elle se montre fantasque, mobile, extravagante dans ses goûts et ses toilettes. Elle parle avec amertume de sa sœur, de son ancien amant, des religieuses, toutes personnes qui, selon elle, sont cause de sa ruine. Elle écrit beaucoup, mais toutes ses lettres sont incompréhensibles, elles sont dans un style énigmatique avec force points d'interrogation et points d'exclamation. Lorsqu'on lui demande des explications, elle s'étonne qu'on ne la comprenne pas. Lorsqu'elle est surexcitée, elle demande à partir pour aller demander des comptes à tous ceux qui lui ont fait du mal.
Elle a de fréquentes crises nerveuses, comme elle les appelle. La dernière a eu lieu le 7 avril 188-2. La malade, dans ces moments, est excitée, a des spasmes, se plaint de douleurs au fondement, au niveau des ovaires, le long des jambes, etc. ; le cœur lui soulève (ce sont ses expressions). Il est impossible d'avoir avec elle une conversation suivie; elle n'écoute plus ce qu'on lui dit et poursuit toujours son idée. — Depuis cette crise, la malade mange peu, se sent envahie par une grande lassitude, a de fréquentes insomnies. Elle se plaint surtout d'être tourmentée par une idée fixe, elle ne peut s'empêcher de penser constamment aux intrigues que sa sœur, son amant, et d'autres personnes