INFÉRIORITÉS PATHOLOGIQUES
ont ourdies contre elle pour l'amener au point où elle en est. Au moment où s'arrête cette observation — le 4 juin ISS-2 — mademoiselle Adrienne continue d'être surexcitée, elle exhale toujours les mêmes plaintes. Los douleurs dont elle se plaignait ont disparu; mais elle mange toujours pou et a beaucoup maigri.
La femme hystérique est un instrument à deux fins : on peut Pexalter et lui faire prendre feu pour le bien, comme pour le mal. Il faut qu'elle sorte à tout prix des sentiers battus par tous et de la ligne droite et monotone que chacun s'évertue à suivre dans la vie. J'ai observé un certain nombre d'hystériques, en 1871 , parmi les femmes qui avaient composé les brigades de pétroleuses : on les avait recrutées comme ambulancières, et, d'après le programme primitif, elles devaient être pour les blessés de nos discordes intestines de véritables anges de charité. Leur mission première a dévié, par suite des événements qui se sont si rapidement précipités dans les journées de mai, et, sur une simple exhortation ou sur un geste de chefs affolés, les ambulancières se sont transformées en incendiaires. L'une d'elles, rencontrant à une barricade établie non loin du Père-Lachaise, un otage qui, à l'entrée des troupes régulières, venait de s'échapper de la Grande- Roquette, lui brûla la cervelle, à bout portant. J'ai longtemps traité cette femme en prison et j'ai été un jour témoin chez elle d'une violente crise d'hystéroépilepsie. Elle fut condamnée à mort par le conseil de guerre et elle dut être exécutée à Satory, par un peloton de sous-officiers de gendarmerie, lorsque M. Thiers,
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sur une supplique médico-légale que je lui adressai
spontanément, fil contremander L'exécution et signa
une commutation de peine.
L'hystérique enfin, dans ses douleurs privées, s'écarte souvent des manifestations normales : elle perd son fils ou sa fille, reste calme, sereine, résignée, ne verse pas une larme, suffit à tout, multiplie les ordres, n'oublie aucun des détails les plus pénibles, impose à tout l'entourage l'attitude la plus digne et. assiste sans déchirement à la suprême séparation, à l'inhumation. On croit, en général, que cette mère est exceptionnellement douée et qu'elle a un courage supérieur. On se trompe : elle est plus faible qu'une autre, elle est malade. L'hystérie est une lare et un signe accablant d'infériorité.
ACTES DELICTUEUX
Nous venons de faire connaître toute une catégorie d'actes insolites accomplis par des malades atteintes d'hysTerïe; nous avons insisté sur la fréquence de leurs allégations mensongères et de leurs simulations étranges. Mais, dans les observations que nous avons passées en revue jusqu'ici, ces mensonges n'entraînaien pas de conséquences judiciaires graves, et ces simulations, capables seulement de mystifier l'entourage des malades ou tout au plus de mettre inutilement en éveil l'attention des agents de l'autorité, ne pouvaient guère porter préjudice à des innocents.
Il en est tout autrement dans les faits que nous