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SÉQUESTRATION PRÉTENDUE ARBITRAIRE

OBSERVATION LI. — Allures hystériques. — Tendances erotiques. Diffamations. — Plaintes de séquestration arbitraire1.

Madame Mario, âgée de trente ans, compte de nombreux aliénés dans sa famille. De bonne beure, cette jeune dame a paru en proie à une fureur utérine des plus prononcées. Mariée, elle commet de nombreux excès sans parvenir à con- Ire-balancer la force de cet instinct; elle a plusieurs enfants qu'elle abandonne sans pitié, se sépare légalement de son mari, fait des dépenses folles, est enfin pourvue d'un conseil judiciaire, et conduite à la maison de santé.

Elle se montre parfaitement convenable pendant quelques jours, mais bientôt elle se met à tenir des propos obscènes, et ne craint pas de dire qu'une femme peut prendre le premier venu ; que, quant à elle, elle veut solliciter une carte de fille soumise.

La scène ebange bientôt ; elle demande pardon du cynisme de son langage, témoigne un vif repentir de sa conduite qu'elle attribue à sa maladie.

Est-elle mal disposée? Elle prétend qu'on lui a fait des propositions déshonnètes, et accuse même des vieillards de l'avoir provoquée; elle répète à baute voix que les cbefs devraient bien exercer une surveillance plus active, qu'elle n'est pas cause si son mal l'entraîne.

Tantôt elle se plaint d'être détenue arbitrairement, tantôt elle nous supplie de la garder. Elle excite volontairement la surveillance et rit des préoccupations qu'elle occasionne. Artificieuse, habile à dissimuler, elle parvient à faire naître des soupçons, en haut lieu, sur la légalité de sa séquestration. Un inspecteur général ouvre une enquête, elle affirme qu'elle a été enfermée sans certificat médical ; on le lui

t. Ann. (Thyg. et de médecine légale, 1867 iBrierre de Boismont).

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montre, elle prétend alors que Le médecin qui l'a délivré a été corrompu. On lui offre sa liberté, elle la refuse, et déclare, en riant, qu'elle a voulu se jouer des uns et îles autres et qu'on ne saura jamais d'elle la vérité.

OBSERVATION UI. — Plainte île détention arbitraire, portée contre deux médecins par une hystérique. — Extravagances diverses, ob- - ssions jalouses envers un étranger. — Jugement déboutant de la demande en dommages-intérêts, mais renfermant un considérant peu favorable à la dignité médicale.

Dans la séance du 30 avril 186G, la Société médico-psychologique entendit la lecture d'une lettre dans laquelle le Dr Peyron relève certaines imputations de détention arbitraire dirigées contre M. Aubanel et lui, à propos d'uni' dame dont il retrace l'histoire1.

Séquestrée d'office à la suite de scandale public et sur le certificat de M. le Dr Peyron, établissant son état d'aliénation mentale, la dame Louise put obtenir du tribunal non seulement de ne pas être interdite, comme le demandaient ses enfants, mais même d'être mise en liberté. A peine sorlie elle intenta une action en dommages-intérêts contre ces deux médecins. Le tribunal la débouta de sa plainte, mais un considérant du jugement portant qu'il y avait eu erreur involontaire des médecins, était de nature à laisser planer des soupçons sur l'honorabilité des hommes de l'art; et de fait l'opinion publique était portée à croire qu'il y avait eu de leur part acte de complaisance envers l'administration qui avait pris l'initiative de cette mesure.

Devait-on considérer madame Louise comme saine d'esprit? De l'aveu de sa famille, elle s'est fait remarquer toute sa vie par des excentricités de tout genre. Dès le commencement de son mariage, elle obligeait les domestiques à se

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