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DEMANDE DE MISE EN LIBERTÉ

bles désordres de conduite déterminèrent son mari à la placer dans une maison de santé. Elle était alors enceinte des œuvres d'un domestique ou jardinier, du moins on le croyait, et l'enfant dont elle est accouchée dans l'établissement n'a vécu que quelques mois. Madame N... ne parait pas avoir réclamé alors sa mise en liberté, comprenant sa situation et désireuse elle-même que le silence se fasse autour de son nom. Depuis elle a demandé plusieurs fois sa sortie, et sa lucidité d'esprit est telle, ses raisonnements sont si convenablement déduits qu'il semble impossible de permettre plus longtemps son maintien dans une maison d'aliénés. Toute- Ibis son mari est effrayé de la pensée de cette mise en liberté annoncée: sa mère et surtout son père ne paraissent pas très désireux d'assumer la responsabilité de la garder auprès d'eux et de veiller sur sa conduite. Enlin la directrice de l'établissement où elle est maintenant retenue, la considère comme toujours en proie à sa funeste maladie ; et si cette dame insiste beaucoup en ce moment sur la mise en liberté ou la translation dans une autre maison, c'est à cause de la surveillance constante qu'elle est obligée d'exercer sur sa pensionnaire, à raison de la présence de plusieurs ouvriers dans l'établissement. La mission confiée à M. le Dr ïardieu a pour objet de constater l'état actuel de madame N..., particulièrement au point de vue de la maladie spéciale dont elle est atteinte. Avant de prendre un parti définitif, le parquet, suffisamment édifié sur l'état mental de madame N..., désire être renseigné d'une manière précise sur son état particulier de maladie, sur le plus ou

moins de désordre que ce mal peut amener dans les facultés mentales et sur le plus ou moins d'inconvénients qui peuvent en résulter au point de vue de la vie libre et des relations du monde. » Je vis cette dame âgée alors de quarante-deux ans, elle présentait au plus haut degré les caractères de la folie hystérique sans aliénaet le maintion, lien dans la maison de santé, la surveillance et les soins spéciaux qu'elle y trouvait étaient bien évidemment les seuls moyens de la proléger contre elle-même et contre les entraînements coupables du mal qui la dominait. »

Fausses imputations et dénonciations contre autrui.

— Les hystériques, qui se font si souvent voleuses ellesmêmes, — ainsi que le montreront de nombreuses observations réunies plus loin, — ne se font aucun scrupule d'accuser telle ou telle personne de leur entourage d'avoir dérobé des objets qu'elles ont eu soin de faire disparaître préalablement ou qu'elles ont placés dans des conditions compromettantes pour celui qu'elles veulent accabler.

OBSERVATION LUI. — Hjstériqoe dénonçant faussement ses servantes

connue voleuses '.

Il s'agissait d'une pauvre servante accusée par sa maîtresse, et qui sous l'influence d'une accusation imméritée avait donné des preuves de troubles intellectuels. J'eus, dit Morel, des soupçons, parce que l'accusatrice avait déjà fait chasser plusieurs servantes pour le même fait de vol, et que dans la localité qu'elle habitait elle avait troublé le repos des familles

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