‹ Les hysteriquesChapitre 165 sur 265 · Cliabrun. Thèse de Paris · texte numérisé non relu

Cliabrun. Thèse de Paris

DÉNONCIATIONS CONTRE AITKLT. 403

L'accusée persiste dans son dire et met à profit les ressources de son imagination pour faire le tableau le plus frappant des faits qu'elle articule.

Voici des vers écrits par elle, qui peignent bien la tournure de son esprit :

Marie, écoute ma prière,

En toi je mets tout mon espoir;

Fais, ma divine mère,

Que je puisse le >evoir.

Tu peux tout, 6 reine immortelle,

Fais que, dans cette chapelle, Il puisse encore me bénir.

Au cours du procès, on trouve des lettres desquelles il résulte qu'elle s'est livrée à l'abbé X...

Ces lettres ne renferment que contradictions, et les experts reconnaissent qu'elles émanent d'elle. Devant de pareils faits, Ton devait se demander si cette jeune fille était réellement coupable. Les médecins, Estor et Cavalier, de Montpellier, constatèrent des antécédents héréditaires. La jeune fille avait été élevée dans l'isolement; quoique réglée jeune, elle n'était pas encore une femme.

D'imagination exaltée, d'intelligence précoce et vive, elkélait néanmoins ignorante des choses de la vie ; de plus, elle était vierge. Chez elle, on ne peut dire qu'il y eût folie, mais oblitération du sens moral. Le mobile de toutes ces inventions parait avoir été la jalousie. Elle s'est imaginé que le père spirituel avait des préférences pour sa cousine. Sur le rapport des experts, elle fut acquittée comme irresponsable.

.lui I Al SSES IMPUTATIONS.

OBSERVATION LVI'. — Simulation de viol et de grossesse par une hystérique. — Accusations insensées contre Bon père, son frère, le

5-préfet de la ville et un médecin. — Instance en justice. — On avocat abusé. — Interdiction prononcée sur la demande du père.

Mademoiselle X***, âgée de trente-huit ans, accusait son père, vieillard fort âgé, d'avoir introduit dans sa chambre, qui était toujours fermée au dedans, M. le sous-préfet de X*** qui aurait assouvi sur elle et sur sa sœur sa passion criminelle. Il en serait résulté une grossesse dont mademoiselle X*** aurait attendu l'issue pendant près de deux ans. Elle fit de nombreuses démarches pour avoir une entrevue avec son séducteur, contre lequel elle proférait des menaces. Xe pouvant pénétrer à la sous-préfecture, elle chercha à l'attirer dans une autre maison, où elle et sa sœur s'étaient rendues armées de pistolets : mademoiselle X*** ne marchait jamais sans armes. Son frère, disait-elle, versé dans l'art de la magie, ne lui laissait pas de repos. Son influence s'étendait jusque sur les animaux qu'elle affectionnait. Tantôt il faisait trembler le plancher sur lequel il marchait ou la faisait danser malgré elle; tantôt il lui faisait éprouver des sensations étranges qui, toutes, se rapportaient aux organes sexuels; d'autres fois, il lui faisait changer le visage. Cette malade fut conduite le 20 février 1856, dans l'asile de Napoléon-Vendée, et confiée aux soins du médecin, M. le docteur Dagron. — Après une excitation extrême de quelques semaines, les bains prolongés, quelques irrigations et les antispasmodiques améliorèrent la situation, et, quoique non guérie complètement, elle fut rendue à la liberté le 28 juin 1856.

M. Dagron n'avait plus entendu parler d'elle, lorsque le 24 mai 1858, il reçut d'un avocat une lettre ainsi conçue :

Page 1