Morel, Traité des maladies mentales, Paris
ÉTIOLOGIE EN GÉNÉRAL. 13
œsthesia psychica sexualis donné par un auteur allemand, Wittmaack1, à cette névrose, indique assez les idées étiologiques de l'époque. Mais il ressortira des faits que j'expose, que la folie hystérique atteint également des jeunes filles impubères, des femmes mariées et celles qui ont passé l'âge critique. »
Il n'y a pas lieu de multiplier les arguments et les citations. La question est aujourd'hui bien et définitivement jugée.
Seulement il peut advenir — nous en conviendrons avec Briquet, et nous le disions déjà, il y a plus de vingt ans, — il peut advenir, mais dans des limites excessivement circonscrites, que des jeunes femmes dont les sens sont allumés par la lecture de livres obscènes, par des conversations dissolues ou par la vue d'images lubriques, présentent du côté de l'appareil sexuel une ardeur qui sollicite des désirs violents; dans ce cas, la privation de rapports physiques peut communiquer à l'encéphale, où aboutissent toutes les sensations, une excitation pénible de laquelle naîtrait l'hystérie. Mais si cela est vrai dans quelques cas, les choses ne se passent pas habituellement ainsi.
C'est ailleurs que dans la non satisfaction des besoins sexuels qu'il faut aller chercher les causes de l'hystérie : c'est dans le genre d'éducation, les émotions dépressives, dans les chagrins de différentes natures, c'est surtout et avant tout dans la grande loi, si funeste, de l'hérédité nerveuse.
1. Wittmaack, Die Hystérie (Hypenesthesia psychica sexualis) in pathol. und therapèut, Be&iehung, Leipzig, 1857.
Il CAUSES PREDISPOSANTES.
Les détails qui suivent montreront la part qu'on doit faire aui différentes conditions qui ont été tour à tour invoquées pour expliquer l'apparition de la névrose. Parmi celles-ci, les unes agissent lentement et à distance, elles préparent l'hystérie plutôt qu'elles ne l'engendrent, elles en constitueraient les causes prédisposantes; les autres sont plus étroitement reliées au début même de la névrose dont elles provoquent l'apparition; ce sont les causes déterminantes.
Ces dénominations ne sont pas à l'abri de toute critique; la cause déterminante n'est souvent que la goutte d'eau qui l'ait déborder le vase, l'occasion qui voit éclore la maladie, mais qui serait insuffisante à l'engendrer sans le concours des conditions dites prédisposantes, dont L'influence est autrement puissante, et le rôlepathogénique, capital. Aussi bien insisterons^ nous principalement sur ces dernières, qui dans l'espèce méritent surtout de fixer l'attention.
CAUSES PRÉDISPOSANTES
L'hystérie est par excellence une maladie du sexe féminin. C'est un point qui ne saurait soulever aucune contestation. Mais ce serait une erreur de croire, à L'exemple de beaucoup d'auteurs, que l'hystérie soit exclusivement propre à la femme. Louyer-Villermay, Dubois (d'Amiens), Landouzy, Monneret et Flcury l'avaient soutenu, en dépit de l'opinion contraire, for-