‹ Les hysteriquesChapitre 184 sur 265 · INCENDIE · texte numérisé non relu

INCENDIE

jeune fille fut enlevée par sa famille et lout à fait dépaysée. Quant à la malade, elle tomba dans une sombre mélancolie, fit plusieurs tentatives de suicide, puis recommença à mystifier tout son entourage. Son imagination fut d'une déplorable fertilité.

incendies. — La nostalgie, l'imbécillité, l'épilepsie et la démence sénile peuvent conduire à l'incendie, ainsi que je l'ai démontré dans d'autres publications '; mais je suis obligé de reconnaître et de démontrer que des hystériques ont parfois aussi joué un rôle important dans quelques sinistres.

OBSERVATION LXXXI1I. — Hystérique incendiaire. — Troubles passagers de la raison. — Acquittement.

La sœur ***, religieuse de l'ordre de la Visitation, âgée de trente-sept ans, mit sept fois le feu (1845-1 840) au couvent de Dijon. La justice, frappée du très bon état apparent de ses facultés, la fit comparaître devant la cour d'assises de la Côte-d'Or. M. Dugast, ancien interne de Bicètre (service de M. Ferrus), fut chargé de procéder au minutieux examen de la prévenue.

Avec un tact remarquable, M. Dugast, dont le talent égale la modestie, vit bientôt qu'il avait affaire à une malade. Dans une brillante déposition, qui émut l'auditoire, il exposa que la religieuse, sujetteà des accidents névropathiques multiples, ne jouissait pas, au moment de l'accomplissement des actes incriminés, de son libre arbitre; que son trouble passager et paroxystique des facultés intellectuelles l'avait rendue inhabile à décerner les notions du juste et de l'injuste, du

1. Legrand du Saulle, De la monomanie incendiaire, 1856; La folie devant les tribunaux, 1864.

Il i ACTES CRIMINELS.

bien et du mal, et qu'elle devait être considérée comme étant complètement irresponsable de ses actes.

Les membres du jury ayant rendu un verdict de non-culpabilité, la Cour prononça l'acquittement de la sœur ***.

OBSERVATION LXXXIV. — Développement de l'hystérie à la puberté. Nostalgie. — Vols. — Incendie. — Acquittement.

Catherine X..., âgée de quinze ans et demi, non encore menstruée régulièrement, ayant eu quelques crises d'hystérie, est amenée de la province à Paris par une de ses tantes, qui est domestique. Catherine a toujours montré jusque-là le meilleur naturel ; on ne lui a reconnu aucun mauvais penchant ; elle est soumise et affectueuse pour ses parents. Quelques semaines après son arrivée à Paris, sa tante remarque, à plusieurs reprises, qu'elle a perdu sa gairlé; plusieurs fois même elle remarque qu'elle a pleuré, et ne peut en savoir la cause. Un jour, Catherine rentre à la maison toute en larmes, disant à sa tante qu'elle a vu passer dans une voiture une amie quiestdeson pays, mais qu'elle n'a pas pu lui parler; elle passe toute lajournée à pleurer. Enfin sa tante la fait entrer en maison. Quelques jours après l'arrivée de Catherine, ses maîtres s'aperçoivent que beaucoup d'objets disparaissent de chez eux, malgré une surveillance active. Un soir, ceux-ci étant sortis, Catherine reste enfermée quelque temps dans l'appartement, puis sort à son tour; elle rentre bientôt, puis descend prier le concierge de venir l'aider à ouvrir la porte, prétendant qu'on a forcé la serrure. Le concierge monte, ouvre la porte, et en entrant il trouve l'appartement rempli defumée; il cherche d'où elle peut provenir, et découvre bientôt qu'elle vient d'un placard fermé, où se trouvent du linge et des effets d'habillement. On trouva les chaises et les meubles en désordre; beaucoup d'objets, de bardes, sont répandus sur le parquet; un chapeau de femme

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