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INCENDIE

est plongé dans un seau d'eau qui se trouve dans la cuisine; on retrouve, dans la fontaine, beaucoup des objets qui avaient disparu, et entre autres les bijoux de la maîtresse de la maison. On remarque que le secrétaire, qui a été ouvert, contient encore toutes les valeurs en argent et en billets qu'on y avait laissées ; il ne paraît même pas qu'elles aient été dérangées. Ses maîtres étant arrivés sur ces entrefaites, Catherine ne tarde pas à avouer qu'elle est l'auteur de tout ce dégât. Elle est mise à la disposition de la justice, qui, sur un rapport d'expert, déclare Catherine non coupable, comme ayant été atteinte d'une perversion passagère des facultés morales1.

OBSERVATION LXXXV. — Hystérique incendiaire, ayant présenté des phénomènes d'extase, de catalepsie et de manie. — Irresponsabilité.

Le 31 octobre 1868, un incendie éclatait dans la maison du vigneron G., à Chenove (Côte-d'Or). Sa domestique, la nommée V., accusa un mendiant, à qui elle aurait refusé du vin et qui lui aurait fait des menaces, d'en être l'auteur. Ce mendiant ne fut pas trouvé.

Quelques jours plus tard, le 17 novembre, nouvel incendie. Toute la journée, V. avait fait part à son maître de ses pressentiments, elle craignait que des malfaiteurs ne se fussent introduits dansla maison; elle poussa àfaire des recherches, elle avait entendu des pas, des bruits suspects. G. put s'assurer que ces craintes n'étaient pas fondées, mais il fit bonne garde. A neuf heures du soir, le feu se montrait dans la partie du logis occupée par V. La première elle donna l'éveil, mais, pendant que tout le monde cherchait à conjurer le désastre, elle resta inactive, indifférente devant ce spectacle.

L'enquête fit le jour sur cette affaire. V. fut reconnue pour

1. Annal, médic. pxychol.,\860, 5« série, vol. III, p. 117. Legrand du Saulle. Les hystériques. 30

l'auteur de ce- incendies; mais, dos doutes s'étant élevés sur l'intégrité de ses facultés mentales, MM. Maillard, professeur à l'école de Dijon, et Brunet, médecin en chef de l'asile de relie ville, eurent mission d'examiner l'inculpée.

Voici le résumé de leur rapport.

La nommée V. est née avec une intelligence faible et de mauvais instincts; son enfance a été négligée; placée comme domestique dans plusieurs maisons, elle n'a jamais pu s'y fixer et s'est rendue coupable de plusieurs vols.

En 1868, au moment où la menstruation s'établissait, elle a été prise d'attaques convnlsives très graves, très fréquentes et d'une forme insolite qu'il est difficile de caractériser. Les symptômes que ces attaques revêtent tiennent à la fois de la catalepsie, de l'extase et de l'excitation maniaque, se rapprochant d'autant plus de la première espèce morbide qu'elles sont plus intenses; ils s'accompagnent de signes impossibles à simuler, tels que l'accélération du pouls, la fixité du regard, l'immobilité des paupières, l'anesthésie complète de la peau et sont suivies de douleurs musculaires, pouvant aller jusqu'à la stupeur si l'attaque a été intense et prolongée. En dehors de ses crises elle reste très irritable et hébétée; les douleurs musculaires au niveau des muscles temporaux et des muscles abdominaux persistent.

Du mois de mai au mois d'août elle a eu de nombreuses attaques pour lesquelles elle est entrée dans les hôpitaux de Trévoux, de Lyon, de Nuits et de Dijon, où ses crises longues et fortes, bizarres, ont fait porter le diagnostic : hystérie. Dans les intervalles elle se montrait méchante, brutale, vindicative, menteuse.

L'examen direct la montre sous une physionomie identique. De nombreuses attaques surviennent, son excitabilité et le désordre de ses facultés intellectuelles semblent avoir augmenté sous l'influence de sa séquestration. Les conclusions des experts sont que, depuis son arrestation, elle doit être tenue pour irresponsable et qu'elle l'était également, selon

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