‹ Les hysteriquesChapitre 189 sur 265 · DEC.KÉ DL RESPONSABILITÉ · texte numérisé non relu

DEC.KÉ DL RESPONSABILITÉ

§ IV. — DU DEGltÉ DE RESPONSABILITÉ

DES II V S T É H I n U E S

Dans l'appréciation du degré de responsabilité des hystériques, il est nécessaire de s'inspirer toujours de celle idée, <[iie je me suis maintes fois efforcé de faire prévaloir, qu'on ne saurait appliquer des règles générales, vraies pour lous les cas. Il serait faux en effet de dire que toute hystérique doit porter la responsabilité de ses acles; il ne le serait pas moins d'avancer que, dès que l'hystérie se montre, la responsabilité disparaît. Chaque cas est une question d'espèce et je pourrais répéter ici, mot pour mot, ce que je disais, à l'occasion des épilepliques. Toute hystérique n'est point une aliénée; seulement chez un grand nombre de ces malades, l'harmonie îles sentiments moraux se rompt, le caractère des affections se pervertit et l'ordre des sensations se trouble. La folie est pressenti"1, mais elle n'est point nécessairement acquise. L'hystérique n'est en un mot qu'une prédisposée à l'aliénation mentale.

On l'a bien vu d'ailleurs, par le groupement que je me suis efforcé d'établir, en me fondant sur le degré plus ou moins prononcé des perturbations psychiques. Ce groupement a sa logique et ses indiscutables avantages, non seulement au point de vue de la description clinique des symplômes, mais aussi à celui des applications médico-légales, qu'entraîne à sa suite la notion de l'état mental des hystériques.

APPRÉCIATION MÊDICO-LfiGAGE.

C'est qu'en effet, — s'il est permis, sur le terrain descriptif, d'admettre en ce qui concerne les fonctions cérébrales, des hystéries légères, des hystéries graves, celles-ci l'étant modérément ou beaucoup, des hystéries avec aliénation, — de même, en ce qui touche la responsabilité légale, il est logique de reconnaître trois catégories d'hystériques, les unes responsables, les autres partiellement responsables, les dernières enfin, chez lesquelles les désordres intellectuels sont à leur summum, entièrement irresponsables.

Quelques mots de développement ne seront pas inutiles.

11 est, dis-je, des hystériques qui doivent porter la responsabilité pleine et entière de leurs faits et gestes, des actes délictueux qu'elles sont exposées à commettre. Ce sont ces hystériques légères, celles du premier degré, chez lesquelles il n'existe qu'un état de nervosisme modérément prononcé, qui n'enchaîne en rien l'exercice de la liberté morale.

L'article 64 du Code pénal ainsi conçu : « 11 n'y a ni crime, ni délit, lorsque le prévenu était en élat de démence au temps de l'action, ou lorsqu'il a été contraint par une force à laquelle il ne pouvait résister, » ne saurait évidemment s'appliquer à cette première catégorie de malades. L'intelligence chez elles, complètement intacte, comme je l'ai dit, peut apprécier avec justesse la portée, la gravité, les conséquences des actes commis. D'autre part, les facultés affectives ne sont pas ici tellement troublées qu'il existe de ces impulsions irrésistibles qui, en provoquant des actes automatiques,

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