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M NATURE DE L'HYSTÉRIE

la maladie, il est dans une certaine mesure possible de comprendre la physiologie morbide de l'hystérie.

Physiologie pathologique. — La connaissance que nous possédons des facultés cérébrales, permet d'assigner à la pensée un certain nombre de fonctions élémentaires : la perception, l'intelligence et la volonté. Or, on peut, comme l'a dit Hammond,1 considérer l'hystérie comme consistant essentiellement dans la prédominance des sentiments affectifs sur l'intelligence et particulièrement sur ta volonté. On sait quelle influence exercent sur la molilité et la sensibilité les émotions morales. La frayeur exalte la sensibilité, la joie ou la colère la paralysent quelquefois; de même le chagrin peut déterminer des contractions toniques dans les muscles; la surprise, l'effroi ou l'horreur, amener des akinésies passagères. On conçoit donc qu'à l'état pathologique, lorsqu'il y a une exaltation morbide du sentiment et une diminution corrélative dans l'énergie de la volonté, on puisse observer, cà un degré beaucoup plus prononcé, les mêmes phénomènes qui se produisent physiologiquement sous l'influence d'un état cérébral transitoire analogue à celui de l'hystérie. La névrose peut ainsi être considérée comme une sorte d'aliénation partielle, dans laquelle toutefois le sujet ne perd pas entièrement le pouvoir de contrôle sur ses actes, et qui peut même être momentanément dominée par un effort puissant de la volonté, comme cela se passe dans les cas où des symptômes invétérés disparaissent subitement, grâce à la concentration de l'intelligence

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vers un but désiré et une guérison depuis longtemps attendue.

Mais on s'expliquerait insuffisamment, par un simple trouble cérébral, les différents symptômes de la névrose. Beaucoup semblent relever plutôt d'un désordre dans L'innervation médullaire que dans celle du cerveau. Les contractures et les spasmes, par exemple, paraissent dépendre directement de l'hyperkinésie spinale qui est la conséquence obligée, — les expériences physiologiques ledémontrent, — deladiminutiondel'action du cerveau et du rôle modérateur que cet organe exerce normalement à l'égard de la moelle. D'autre part, il ne faut pas oublier que toute exaltation de fonction portée à un haut degré ou longtemps prolongée, aboutit, par suite de fatigue, à une diminution et même à une abolition de cette fonction (névrolysie, Jaccoud). C'est vraisemblablement ainsi qu'il faut expliquer la possibilité de certaines paraplégies flaccides.

En résumé, on peut dire que l'hystérie consiste physiologiquement dans l'amoindrissement de certaines facultés cérébrales (volonté), ayant jcomme effet corrélatif ou parallèle l'exagération d'autres facultés (affectivité), et aboutissant à la rupture de l'équilibre qui existe normalement entre les fonctions cérébrales et médullaires. Il s'agit, comme on l'a dit, d'une ataxie cérébro-spinale (Jaccoud) ou, suivant une expression tout récemment proposée par M. Huchard, d'une nenrataxie. Mais il faut en somme reconnaître avec M. Lasègue que la définition de l'hystérie n'a jamais été donnée et qu'elle ne le sera probablement jamais.

g V. — DIAGNOSTIC

Règle* générales. — S'il est aisé, en général, de diagnostiquer, c'est-à-dire de rapporter à leur véritable cause les différentes manifestations de l'hystérie, il l'est beaucoup moins de préciser dans un court chapitre, les règles et les moyens dé diagnostic différentiel. Comme l'a très justement ditSydenham, & l'affection hystérique imite presque toutes les maladies qui arrivent au genre humain ». Pour être complet, il faudrait donc passer ici en revue tout le cadre nosologique, reprendre un à un les différents symptômes de la névrose et les formes variées et multiples qu'elle revêt; puis établir une comparaison méthodique entre ces symptômes et ces formes et les diverses manifestations morbides avec lesquelles ils peuvent se confondre. La tâche ainsi comprise nous entraînerait bien loin du cadre dans lequel nous devons nous renfermer, et nous obligerait à de fastidieuses redites.

Aussi, nous plaçant à un point de vue général, nous contenterons- nous d'indiquer les éléments à l'aide desquels on reconnaîtra couramment la nature hystérique d'un trouble organique, quel qu'il soit. Nous insisterons ensuite sur quelques côtés spéciaux de la question, et, après avoir appelé l'attention sur certains points du diagnostic différentiel (diagnostic de la grande attaque) qui ont dans l'espèce une capitale importance, nous dirons à l'aide de quels procédés il est possible de

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