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In Journal de rnéd. et de chir. prat

HYSTÉRIE I.AKVÊE. 539

plus tard de palpitations, d'inappétence et d'épigaslralgie. La diaphorèse augmentant, la malade entra dans le service de M. le docteur Siredey,à l'hôpital Lariboisière. — Ces sueurs sont localisées aux mains et aux pieds, dont l'épidémie est macéré. Simultanément, il existe de l'embarras gastrique et de l'anémie. Quelques jours après, survinrent des douleurs qu'on crut d'origine rhumatismale et contre lesquelles le sulfate de quinine, les injections hypodermiques d'atropine et de pilocarpine, furent sans efficacité. Un mois après, le 4 avril, la malade tombe en léthargie durant quatre jours, averties intervalles d'hallucinations et de délire et avec cessation pendant ce temps de la diaphorèse.

Le 10 avril, on observe de l'anesthésiesensitivo-sensorielle diffuse plus marquée du côté gauche; quelques jours après, un nouvel accès de léthargie et des accès convulsifs sont suivis d'une double amaurose complète. Les sueurs reparaissent jusqu'au 1er mai, époque à laquelle on constate de l'anestbésie sensorielle de la langue. Le 3 mai, l'amaurose disparait, mais les sueurs sont abondantes et il existe de l'anesthésie et de la paralysie partielle des membres inférieurs. L'application des aimants produit la disparition de ces derniers accidents et la diminution de la diaphorèse. — L'intérêt de cette observation consiste surtout dans l'existence des troubles vaso-moteurs de nature hystérique ayant été la cause de la diaphorèse et leur amélioration par l'application des aimants.

Dans l'observation précédente, l'hystérie simulait une attaque de rhumatisme; en voici une où elle a simulé une affection bulbaire ou spinale.

OBSERVATION XCVIII1. — Dyspnée, polypnée, paraplégie hystériques pouvant >iinuler une lésion tnatomique grave des centres nerveux. — Guérison par la niétallothérapie.

P... (Rosalie), quarante-huit ans, dévideuse, entrée à l'Hôtel-Dieu, le 18 juillet 1870, salle Sainte-Marie, lil n" 37.

Antécédents. — Sa mère est très nerveuse, bien qu'elle n'ait jamais eu d'attaques. Elle-même, à l'âge de seize ans, a eu les jambes enflées et une conlracture des mains, précédée de sueurs sur leur face palmaire. Tous les jours, à la même heure, elle sentait ses doigts se fléchir et sa main se fermée. Elle n'a été réglée qu'à vingt-deux ans, deux années après sou mariage. A trente ans, grossesse normale (sa fille vit encore et est sujette à des accidents nerveux : pleurs faciles, humeur inégale, etc. ). Il y a quatre ans, elle fit une fausse conclu'. suivie d'une fièvre typhoïde pour laquelle elle a été soignée à l'hôpital Laënnec, et dont elle est sortie guérie au bout d'un mois. En 1877, elle fut un jour, dans la rue, subitement pi ise d'un étourdissement. Elle tomba violemment sur le pavé et se fit à la face une plaie contuse, mais toutefois elle ne perdit pas complètement connaissance.

Etat actuel. — Paraplégie presque complète. Hémianesthésie gauche complète. Vive sensibilité ovarienne. Dyspnée particulière caractérisée par une extrême fréquence (00 à 70 respirations par minute) et une remarquable brièveté des respirations (polypnée). A chaque mouvement d'inspiration, les espaces intercostaux se dépriment, et le creux épigastrique, au lieu de se gonfler comme à l'état physiologique, s'excave au contraire, ce qui indique l'immobilité du diaphragme et un étal parétique de ce muscle. La dyspnée, jointe à la paraplégie, éveille chez le chef de service l'idée d'une affection bulbaire ou spinale.

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