CAS D'UN DIAGNOSTIC DIFFICILE
l'existence d'une tuberculose commençante, et le diagnostic fut un moment hésitant, quand survint un jour une franche attaque hystérique, arrêtée promptement par la compression du testicule gauche. Le malade sortit ,du service après avoir eu quelques autres attaques convulsives, mais ne présentant plus ni toux, ni expectoration sanguinolente; l'hyperesthésie cutanée de la région thoracique avait ('gaiement disparu. 11 revint à deux reprises à l'hôpital où il est encore actuellement. La toux a complètement disparu, la pleuralgie gauche moins accusée existe de nouveau, il a eu deux légères hémoptysies ; mais il n'y a aucun amaigrissement, l'état général n'a pas varié depuis huit mois, et, chose singulière, la suhmalité qui existait au sommet gauche a disparu de ce côté pour se montrer de temps en temps au côté opposé tantôt dans la fosse sus et sous-épineuse, tantôt dans le creux sus-claviculaire. Or, M. Huchard a remarqué que ces suhmatités extrêmement trompeuses de certaines régions Ihoraciques peuvent exister dans l'hystérie en dehors de toute lésion de l'appareil pulmonaire. Elles ont pour caractère d'être mobiles, de changer de place très facilement, elles sont très probablement dues à un état spécial d'irritabilité musculaire sous l'influence de laquelle certains muscles entrent rapidement en contraction par une percussion même superficielle.
Pour toute ces raisons, M. Huchard, après avoir éliminé le diagnostic de gastrite alcoolique, rejette celui de tuberculose et rattache tous les accidents divers que le malade a présentés à l'hystérie. Il s'agit donc dans ce cas d'une pseudo-tuberculose hystérique dont la. réalité s'affirme de jour en jour.
Il faut aussi savoir faire le diagnostic des maladies intercurrentes qui viennent saisir les hystériques. « L'excitabilité excessive du système nerveux fait que
.Mi DIAGNOSTIC l)E L'HYSTÉRIE.
ces maladies intercurrentes s'accompagnent de phénomènes de réaction beaucoup plus nombreux el beaucoup plus considérables que chez les autres malades. Le médecin se trouve mis dans cette position perplexe, ou de s'alarmer à tort, dans le cours d'une maladie intercurrente, de l'apparition d'accidents qui tiennent au génie hystérique ou de se tenir dans une sécurité dangereuse, en face d'une affection grave, en se confiant trop sur le fonds hystérique des malades. Il lui faut, pour se gouverner dans ces circonstances, scruter très attentivement l'état des organes et user de la plus grande circonspection. » (Briquet).
Ainsi, il peut arriver que l'hystérie, se combinant avec les symptômes d'un autre état morbide, fasse croire à une complication plus ou moins grave qui n'existe pas, par exemple à des accidents méningitiques dans le cours d'une fièvre typhoïde, celle-ci étant l'occasion de l'appel de phénomènes hystériques sous la forme de troubles de la sensibilité, hyperesthésie extrême, douleurs au niveau des apophyses épineuses cervico-dorsales, paralysie cutanée vaso-motrice donnant lieu à la raie dite méningi tique.
D'autres fois, ce sont les troubles de la motilité, qui, imprimant à certaines dolhiénentéries des allures ataxiques, désordonnées et capricieuses, n'entraînent pas cependant d'aggravation notable de l'état général ni du pronostic; car elles sont surtout sous la dépendance de la névrose hystérique.
Cette sorte d'appel des accidents hystériques peut d'ailleurs se montrer à la suite des affections inflam-