HYSTÉRIE ET MALADIES INTERCURRENTES
matoires, qui s'accompagnent alors de spasmes et de convulsions localisées plus ou moins intenses : des angines simples, des laryngites ou des bronchites survenant chez des hystériques, s'accompagnent avec une facilité des plus remarquables de rétrécissement spasmodiquede l'œsophage, despasines de la glotte, d'aphonie, ou encore de toux rauques, sonores et stridentes, contre lesquelles la médication antiphlogis tique n'a aucune prise. Une simple indigestion ou un embarras gastrique devient la cause de vomissements opiniâtres qui cependant n'altèrent pas la santé, et qui, après avoir été rebelles à tous les traitements, peuvent cesser tout a coup, sans qu'on puisse attribuer la guérison cà l'intervention thérapeutique. De même, une hystérique est atteinte de métrite ou d'une simple congestion utérine, et aussitôt éclatent des accidents de péritonisme avec tympanite intestinale, douleurs vives sur le trajet des nerfs lombo- abdominaux et sur les apophyses épineuses lombaires, hyperesthésie cutanée abdominale et même vomissements; et cependant, il n'y a pas de fièvre, pas d'altération des traits, aucun retentissement sur l'état général. Ce n'est en réalité qu'une pseudo-péritonite, car bientôt cet orage passager se calme, et tout rentre dans l'ordre. Une autre fois, c'est une femme hystérique qui est atteiute de blennorrhagie avec cystite du col. La cystite du col passe, une rétention d'urine reste, et il s'y ajoute un état très pénible de vaginisme ou plutôt de vulvisme.
Le rhumatisme et l'hystérie , qui ont d'ailleurs de nombreuses affinités, peuvent, dans certains cas, exercer
Legrand du Saille. Les hystériques. 35
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l'un sur l'autre une influence réciproque extrêmement
remarquable. On peut citer d'abord ce fait que dans les cas où l?hystérie présente du côté de la peau et des différents organes des manifestations hémorrhagiques,
on peut y voir assez souvent l'influence de l'arlhrilisme dont les tendances congeslives et hémorrhagiques sont bien connues. Mais, en outre, on pourra voir un rhumatisme articulaire subaigu, avec une réaction fébrile à peine élevée au-dessus de la normale, présenter des apparences de gravité ou au moins d'intensité, parce que l'hystérie appelée par la douleur et la fluxion des articulations aura déterminé un étal d'hyperesthésie de la peau et de contracture des muscles périarticulaircs. Cette hyperesthésie cutanée et cette contracture peuvent se substituer sans interruption à la fluxion rhumatismale, et donner lieu ainsi à une espèce de pseudo-rhumatisme qui se fixe pendant des mois surunejointure et qui disparaît un jour sans laisser après lui aucune raideur dans le jeu articulaire (Huchard).
La syphilis, la scrofule, pourraient prêter à des considérations aussi très importantes. Il en est de même del'impaludisme qui, d'après les exemples cités par Marmisse (de Bordeaux) et Ricoux (de Philippeville), imprimerait parfois une réelle périodicité aux manifestations hystériques, ou qui encore, en produisant les névralgies congestives spéciales à cette intoxication, donnerait à l'hystérie une forme particulièrement druonleus e.
Lorsqu'on se trouve en présence d'une hystérique et qu'on cherche à étudier dans leurs multiples aspects et