‹ Les hysteriquesChapitre 221 sur 265 · PROPHYLAXIE · texte numérisé non relu

PROPHYLAXIE

la croyaient imminente. Les idées plus saines que nous nous faisons aujourd'hui de l'éliologie de la névrose, nous dispensent d'insister sur ces descriptions, inspirées par la fausse conception qu'on avait de la maladie; mais, en revanche, elles établissent l'utilité de certaines précautions, qu'on devra, suivant leur importance, recommander aux familles avec plus ou moins de rigueur.

L'hérédité, nous l'avons vu, joue un rôle capital dans la genèse de l'hystérie; aussi laudra-t-il à l'égard des enfants nés d'une mère hystérique, ou de parents atteints des différentes affections du système nerveux qui peuvent, chez les descendants, engendrer par transformation la névrose, recourir à des mesures préventives, qui sont d'autant plus impérieusement commandées qu'on a affaire à des filles, et surtout à des filles chez lesquelles une excessive émotivité, une impressionnabilité anormale, dénote la transmission d'une tare originelle.

Ces mesures préventives d'ailleurs ne sauraient avoir d'efficacité qu'autant qu'elles sont prises de bonne heure, et, à ce point de vue, on ne peut se précautionner trop tôt. Déjà, durant la grossesse de la mère, on devra s'efforcer d'éloigner toutes les causes d'excitation susceptibles d'exagérer chez elle les symptômes nerveux dont on redoute la communication à l'enfant : une vie calme et régulière, à la campagne plutôt qu'à la ville, sera autant que possible recommandée. Il sera bon, après les couches, de confier le nouveau-né à une nourrice robuste, l'allaitement

rRAITEMERT GÉNÉRAL.

maternel étant dans l'espèce d'habitude insuffisant.

L'éducation sera particulièrement surveillée. On s'altachera à développer de bonne heure chez la jeune fille

les forces physiques, par la vie au grand air, la gymnastique, les jeux agités, les lotions froides et les bains. On évitera avec grand soin un développement intellectuel trop précoce et surtout les lectures, les distractions et les spectacles qui sont de nature à produire dos émotions et à faciliter cette exagération de l'affectivité à laquelle les enfants nés de parents nerveux ont une si fâcheuse propension. On ne doit pas oublier le mot de Tissot:« Si votre fille lit des romans à quinze ans, à vingt, elle aura des vapeurs. » Il trouve son application dans le cas particulier. On est allé un peu bien loin peut-être en proscrivant l'étude de la musique. Les auteurs sont à cet égard entrés dans des détails de prescription par trop minutieux. C'est ainsi qu'ils ont recommandé la musique harmonique de préférence à la musique sentimentale, interdit la romance et permis le piano. On ne saurait dans l'espèce formuler de préceptes absolus. Tout ce que le médecin peut faire, c'est de recommander d'imprimer à l'éducation une direction qui fortifie l'intelligence plutôt qu'elle ne suscite les passions, et qui prévienne l'éclosion d'un sentimentalisme dangereux. C'est là surtout affaire de maîtres éclairés.

On ne perdra pas de vue que rien n'est à redouter pour une jeune fille prédisposée à l'hystérie, comme le voisinage et la fréquentation de personnes nerveuses; on n'oubliera pas que la contagion est ici presque fatale, si l'on y laisse cette jeune fille exposée. On l'éloi-

TRAITEMKM I II: \T1I.

gnera soigneusement des milieux dans lesquels se trouvent des hystériques, on ne devra même pas, et cette nécessité s'impose assez fréquemment dans la pratique, hésiter à séparer une sœurplusjeune. encore indemne, d'une sœur aînée qui présenterait déjà les symptômes de la névrose.

Grâce à ces mille précautions, soigneusement observées, on pourra souvent prévenir Péclosion de la maladie. Mais, si les efforts ont été insuffisant s ou vains, si l'hystérie se déclare avec son cortège de fâcheux symptômes, il faudra recourir alors à un traitement curatif, qui fort heureusement est dans bien des aas efficace.

TRAITEMENT (. TRATIF

Le traitement curatif de l'hystérie ne saurait être soumis à des règles absolument fixes, les mêmes pour tous les cas. Il est tel agent qui, chez une catégorie de malades, donnera de bons résultats et restera impuissant chez les autres. Cependant, parmi les moyens dont le médecin dispose, il en est que leur efficacité habituelle recommande particulièrement, qu'on doit placer en première ligne et toujours essayer. C'est assez dire que, si la thérapeutique de l'hystérie est compliquée, à envisager les médicaments nombreux qui ont été tour à tour préconisés et les procédés curatifs multiples qu'on a recommandés, elle se réduit le plus souvent à des formules simples et à l'usage plus ou moins prolongé d'un certain nombre d'agents.

TRAITEMENT CDRiTIF.

parmi lesquels, disons-le des l'abord, l'hydrothérapie et, dans certains cas, l'isolement tiennent la plus haute place.

Traitement pharmaceutique. — La pi'CmièrC indication dans le traitement de l'hystérie confirmée est une indication empruntée à l'état général. Presque toujours, il existe un degré plus ou moins prononcé d'anémie qui favorise le développement des accidents nerveux. Les préparations martiales et les autres agents de la médication tonique aideront dans ce cas puissamment à l'action des moyens plus spéciaux.

Il faut être prévenu de l'extrême susceptibilité de l'organisme des hystériques à l'action des médicaments et de leur intolérance gastrique pour certains d'entre eux; citons-en comme preuve le fait suivant : « Je traitais, dit Briquet, une dame hystérique et anémique. Il avait fallu mettre en usage les préparations ferrugineuses; mais bientôt ces préparations avaient révolté l'estomac, et , quelque peine que j'eusse prise pour varier soit la combinaison, soit la forme de ce métal, il était rejeté après avoir provoqué de la cardialgie. Je songeai alors à faire prendre le médicament à l'insudeladame, et je fis faire du pain ferrugineux dans lequel j'avais fait introduire une solution de quelques centigrammes de sulfate de fer. Il était impossible de distinguer au goût la présence du fer. Le pain fut pris, et au premier repas, à la seconde bouchée, le fer avait été reconnu par l'estomac; le lendemain matin, la malade triomphante me montra dans sa cuvette la malheureuse bouchée de pain à peine ramollie, et qui ne s'était pas dé-

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