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DES AGENTS ESTHESIOGENES DANS LE TRAITEMENT D F. L'HYSTÉRIE

Le mot agent eslhèsiofjène a été créé par M. Charcot, pour désigner toute une série de procédés thérapeutiques, dont l'effet dominant est de provoquer le retour

1. Parmi les nombreux travaux relatifs aux agents esthésiogènes parus dans ces dernières années, nous citerons les suivants où la question a été envisagée à un point de vue général.

Burq, Thèse inaugurale, Paris, 1n.">:J. — La métalUAhérapie devant le Lyon médical, Revendications et négations, Paris, 1881.

Charcot, Luys et Dumontpallicr, Llcu.i rapports u la Société de biologie sur la métalloseopie et la métallothérapie, 1877-1878.

eh, mot, Leçons de la Salpêtrière, Gat. des Hôp., 1870. Revue méd., 1880 et Progrès médical, ',s>8l.

Dumontpallier, La métallothérapie et le bwquisme, Paris, 1880.

Douglas Aigre, Etude sur la métalloseopie, th. Paris, 1 87'.*.

Romain Vigouroux, Différents travaux résumés dans une critique des Archives de Neurologie, 1880 et 1881.

Jîallet, Dict. de méd. et de chir.prat., t. XXXIII, p. 125.

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de la sensibilité dans les parties du corps d'où elle a disparu.

La découverte de ces agents est de date récente; mais on peut dire que c'est à Burq que revient le mérite d'avoir, en observant, il y a plus de vingt-cinq ans, les curieux effets obtenus à l'aide des applications de métaux, appelé l'attention sur un ordre de faits des plus intéressants. Xous ne pouvons pas retracer ici tout au long l'histoire de la métallothérapie et des eslhésiogènes : nous entrerons seulement dans les détails indispensables pour qu'on puisse bien saisir le parti qu'il est possible de tirer de ces agents dans le traitement de l'hystérie.

A. Applications métalliques. (Métallothérapie interne cl externe.) — Lorsqu'on applique sur le membre anesthésié d'une hystérique un bracelet composé par la juxtaposition de plaques métalliques de différentes natures, on voit au bout de peu d'instants (de quelques secondes à plusieurs minutes) la sensibilité reparaître au niveau de l'une de ces plaques, en même temps que dans le même point la température s'élève et la circulation devient plus active. Cette première opération, qui

Proust et Ballet, De l'action des aimants sur quelques troubles nerveux (J. de thérap., 1879).

Debove, Recherches sur les hémianesthésies accompagnées d'hémiplégie motrice, d'hémichorée, de contracture et sur leur curabilitê par les exthésiogènes, Paris, 1880.

Macquet, De l'alimentation au point de vue médical et en particulier dans les anesthésies, Paris, |s o.

Bennetl, Metalloscopy and metaUofherapy (Brain, ItfTSi.

On trouvera mentionnés dans ces différentes publications les travaux portant sur des p >ints spéciaux, ou relatifs à des cas isolés, dont nous ne pouvons pas donner ici la trop longue liste.

Legrand du SA.ULLE. Les Hystériques. <!6

ESTHÉSIOGÉNIE.

porte, dans la nomenclature de M. Burq,le nom de métalloscopie, sert à déterminer quel est le métal auquel la malade est sensible. C'est tantôt l'argent, le zinc, le 1er, très fréquemment l'or et communément le cuivre. Disons en passant qu'il est des hystériques polymétalliquea, t-à-dire qui sont sensibles à la fois à plusieurs métaux.

D'après les idées théoriques de Burq, l'opération de la métallo>copie a une importance capitale. Ce médecin considère en effet que les affections nerveuses, l'hystérie en particulier, sont justiciables du inétal qui décèle son action par les effets de l'application externe, et la métalloscopie n'est que la première étape d'un traitement qui doit aboutir à l'administration du métal ou d'un de ses sels à l'intérieur. Lamétallothérapie interne n'a pas encore fait ses preuves, aussi n'en parleronsnous point.

Il n'en est pas de même de la métallothérapie externe. Nous avons vu quels sont les effets immédiats de l'application locale d'une plaque de métal. Ces effets, limités d'abord à la partie des téguments recouverte, se diffusent, et la sensibilité (générale et spéciale) ne tarde pas à reparaître dans tout le côté hérai anesthésié, si l'on a affaire, ce qui est la règle, à une hémianesthésie sensitivo-sensorielle.

Dès ce moment, qu'on laisse ou qu'onenlèvele métal, les phénomènes ultérieurs seront les mêmes dans les deux cas, et voici alors ce qui se passe.

En même temps que la sensibilité reparaît du côté primitivement anesthésique, elle disparait du côté op-

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posé; l'anesthésie se transporte de droite à gauche ou de gauche à droite, suivant que le côté atteint était le droit ou legauche. C'est à ce curieux phénomène qu'on a donné le nom de phénomène de transfert. Le transfert, disons-le en passant, esta peu près, sauf une ou deux exceptions connues, spécial à Fhémianesthésie des hystériques.

Il est bientôt suivi de la période des oscillations contives découvertes et décrites par MM. Charcot et P. Richer. Voici en quoi consistent ces oscillations : pendant une durée de temps qui varie de quelques minutes à plusieurs heureset peut-être à plusieurs jours, ce qui serait à vérifier, la sensibilité passe alternativement de l'un à l'autre côté et finalement se fixe sur celui qui était primitivement insensible.

A côté de ces faits, qui ont l'importance prépondérante, il en est quelques autres que nous devons signaler. Si une malade est guérie de son hémianesthésie par l'un des mille procédés usités en vue de ce résultat, et qu'on applique le métal auquel celle-ci est sensible, l'anesthésie reparait localement, d'abord au niveau de la plaque, puis elle se généralise à tout le côté. Ce fait a une réelle importance clinique : il établit en effet que la malade, bien que sensible, était encore en puissance d'hémianesthésie; et on peut s'assurer, comme l'a remarqué M. Charcot, qu'il devient d'autan t plus difficile de ramener l'insensibilité, que l'hystérie est plus voisine delà guérison.

Il est quelques autres particularités qui sont intéressantes à connaître. L'anesthésie, on lésait, s'accompagne

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