‹ Les hysteriquesChapitre 226 sur 265 · ESTI1ÉS10GÉN1E · texte numérisé non relu

ESTI1ÉS10GÉN1E

toujours d'un certain degré d'anémie cutanée et d'amyosthénie;laplaque métallique qui ramène la sensibilité fait

aussi, dans la plupart des cas, disparaître les deux autres symptômes. Mais quelquefois il faut trois métaux différents pour remédier à ces divers troubles, l'amyosthénie, par exemple, n'étant pas justiciable du métal qui agit sur l'anesthésie ou sur l'anémie.

Relevons enfin quelques détails curieux qui ont été surtout bien mis en relief par M. Yigouroux : certains métaux (cuivre et zinc) perdent leur efficacité si l'on recouvre d'une couche isolante la face de la plaque non en contact avec la peau. Lorsqu'on superpose au métal appliqué sur la surface cutanée, et actif dans les conditions habituelles, un second métal inactif, l'action du premier est modifiée ou même annulée. Si l'on place aussi les unes au-dessus des autres une série de plaques de différentes natures, le résultat final est sous la dépendance du disque qui termine la colonne, positif si ce disque est actif, négatif dans le cas contraire.

Lorsqu'on analyse attentivement les phénomènes, on s'aperçoit qu'en fait le métal neutre superposé au métal actif n'annule pas, absolument parlant, les effets du premier, mais fixe l'état de l'innervation au point où il en est au moment où l'on fait la superposition. La connaissance de cette particularité a permis de l'utiliser pour empêcher la rétrocession de la sensibilité dans les cas où celle-ci a été ramenée par un procédé quelconque. Il suffit en effet dans ce cas, en vertu des phénomènes dont nous venons de parler, de faire une application mélalli-

AGENTS ESTHÉSIOGÊNES. 565

que double et de superposer une plaque indifférente à la plaque active.

Tels sont les effets principaux des métaux. Leur action ne se borne pas toutefois à modifier les troubles de la sensibilité, ils peuvent agir dans certains cas de contracture par exemple, mais leurs effets sont moins sensibles et moins rapides que ceux des agents dont il nous reste à parler.

B. limant». — Il y a déjà longtemps qu'on a eu l'idée d'utiliser en médecine les propriétés de l'acier aimanté. On retrouvera dans un curieux rapport d'Audry ctThouret, l'ait à la Société royale de médecine vers la fin du siècle dernier, l'exposé des effets qu'on en avait obtenus. Maggiorani, en Italie, il va quelques années, avait repris l'étude de l'action des aimants, mais son travail avait passé inaperçu, lorsque les observations récentes, faites dès 1878 à la Salpêtrière, rappelèrent de ce côté l'attention.

L'aimant est un agent esthésiogène au même titre que les métaux. Les effets produits chez les hystériques hémianesthésiques (retour de la sensibilité, transfert, oscillations consécutives) sont identiques à ceux obtenus par l'application de plaques métalliques, à cette différence près qu'ils sont en général plus rapides et plus énergiques.

Nous n'avons pas à revenir sur l'étude de ces phénomènes, nous devons seulement signaler ici l'action possible de l'aimant sur certaines contractures hystériques. Pour mieux être compris, nous prendrons un exemple concret. Supposons une malade atteinte de contracture

566 ESTHÉSIOGÉNIE.

des muscles de l'avant-bras droit, si l'on met un aimant en forme de fer à cheval en regard de l'avant-bras

gauche, on observe ce qui suit : au bout de quelques instants, les muscles de ce côté deviennent durs, l'attitude du membre se modifie, finalement il se produit une contracture à gauche, et, lorsque cette contrai ture est constituée, l'avant-bras primitivement atteint a récupéré ses mouvements. On peut donc, dans un certain nombre de cas, produire le transfert de la contracture, comme on détermine celui de l'anesthésie. Or, l'expérience (cas de Charcot) a appris qu'en substituant ainsi temporairement (nous disons temporairement, car le déplacement de la contracture n'est que momentané, celle-ci ne tardant pas à revenir au côté tout d'abord malade) une contracture artificielle à la contracture spontanée, cette dernière après un certain nombre d'applications, diminue d'intensité et finalement disparaît.

C. Électricité statique. — L'électricité statique, pendant longtemps délaissée, et qui, grâce surtout aux efforts de M. R. Vigoureux, a reconquis sa place et une place importante dans l'arsenal thérapeutique, peut être à bon droit considérée comme l'un des plus précieux et des plus puissants, peut-être le plus puissant des agents esthésiogênes. D'ailleurs, il faut lui reconnaître une double action dans l'hystérie : action générale, et action sur certaines manifestations locales (anesthésies, contractures, etc.).

Indiquons d'abord comment on s'y prend pour faire usage de l'électricité statique. Le mode d'emploi de

AC.ENTS ESTBÉSIOGÈNES. 567

l'électricité statique dans le traitement de L'hystérie, dit M. R. Vigouroux1, est, au point de vue des procédés opératoires, le même que pour les autres maladies.

Le malade, placé (ordinairement, mais non toujours) sur un tabouret isolant, est mis en rapport avec le conducteur d'une machine électrique, dont il prend la charge incessamment renouvelée. Les différences dans les procédés d'éleclrisation proviennent de la manière dont cette charge lui est soustraite.

1° Ou bien le malade est abandonné à lui-même, et il perd continuellement, en vertu du fait connu sous le nom de pouvoir des pointes, par les cheveux, les poils, les ongles, les vêtements, en un mot par toutes les saillies qu'il présente, une partie de l'électricité que lui envoie la machine. C'est là ce qui constitue le bain électrique proprement dit, et ce n'est que par une analogie éloignée qu'on a donné ce nom à d'autres procédés dans lesquels c'est le liquide d'un bain ordinaire qui est censé électrisé. Dans le bain électrique, le patient, bien que traversé par un flux continuel d'électricité, est le siège d'une tension électrique à peu près constante, l'équilibre se faisant entre la quantité d'électricité qu'il reçoit et celle qu'il perd.

2° Ou bien l'opérateur fait varier cette tension en enlevant la charge électrique du patient; il suffit pour cela de le mettre plus ou moins en communication avec le pôle de la machine opposé au conducteur, ou,

Page 1