‹ Les hysteriquesChapitre 240 sur 265 · SVMPTOMATOLOGIE DE LA NYMPHOMANIE · texte numérisé non relu

SVMPTOMATOLOGIE DE LA NYMPHOMANIE

. g és atténués ou accentués, ses périodes aussi; car la nymphomanie légère au début, peut aller en s'aggravant. Aux premières phases, on peut n'avoir affaire

qu'à une sorte de passion déréglée, plus ou moins irrésistible; plus tard on est en présenee d'un trouble mental d«is plus sérieux, trop souvent irrévocable.

Mais, quelle que soit la forme, bénigne ou grave, qu'elle revête, la nymphomanie se traduit toujours, comme nous l'avons dit, par un besoin plus ou moins marqué, suivant lecas, de rapports sexuels, d'excitation du sens génésique. C'est la caractéristique de cet état.

Au degré le plus léger, le besoin n'est pas assez impérieux pour que la malade ne s'arrête pas au désir et pa-se nécessairement à l'acte. Le respect des bienséances sociales, la conscience du devoir et des convenances, sont encore assez puissants pour dominer l'appétit génital qui s'exalte. Il est bien difficile cependant que celle névropathe résiste sans faiblir aux entraînements qui la sollicitent. L'éréthisme des organes génitaux, dont nous dirons plus loin les causes variées, devient tel que le besoin d'attachement, de rapports sexuels, s'impose irrésistible. Alors même cependant, l'intelligence demeure intacte et la pudeur dicte une retenue qui peut obscurcir le diagnostic de la nymphomanie. La passion qui la domine femme reste secrète, mais au prix d'une lutte incessante et parfois très pénible.

Louyer-Villennay a rapporté, dans cet ordre de faits, une observation particulièrement instructive.

NY.Ml'HO.MAMK < "\ I l M I. KT ILMUiKE. .7.11

OBSERVATION II'. — Ardeur génitale datant de l'enfance. — Désirs violents pendant toute la vie. — Empire sur soi-même. — Lubricité ignorée de tous.

Une dame âgée de quarante-neuf ans, d'un tempérament sanguin et surtoul nerveux, éprouva dès l'âge le plus tendre les sensations les plus vives et anpenchani extraordinaire pour les plaisirs vénériens, auquel sa volonté fut toujours étrangère. \ huit ans, l'accouplement des animaux l'irritait et l'entraînait irrésistiblement à des attouchements illicites. Réglée a onze ans, dès sa treizième année elle avait acquis son entier développement. Avec la puberté, les mêmes dispositions se maintiennent, mais sans accroissement sensible. A dix-sept ans, elle épouse un homme de trente-six ans, vigoureux et très porté aux plaisirs de l'hymen. Elle recevait plusieurs fois de suite ses embrassements, sans être satisfaite; souvent même, après trois approches, sortant encore plus ardente, elle s'abandonnait aux habitudes lesbiennes afin d'assouvir ses sens. Une statue, un tableau, la vue d'un homme, le contact le plus simple, un mot suffisait pour exciter des désirs violents. La nuit, dans ses songes, son imagination lui retraçait des tableaux lascifs, qui agissaient sur ses sens avec nue force surprenante. Du reste, dans la société, cette du mi1 s'imposait une telle réserve, que rien ne transpirait <!<■ ces dispositions qui la désolaient amèrement. A quarante ans, elle devint mère de son huitième enfant. Sept ans après, elle cessa d'être réglée et fut veuve à quarante-neuf ans. Deux mois d'une continence absolue sont à peine écoulés, qu'elle ressent les désirs les plus violents, une chaleur vive, un spasme vers les organes génitaux; la nuit était l'époque de la plus grande agitation. Pendant les veilles, les pensées les

1. Bavard, De VuUromanie, Th. Paris, 1833, d'après Louyer-Yillermav.

Page 1