PRÉDISPOSITION ET AGE
tharides), prise à l'intérieur et appliquée à L'extérieur.
Quel que soit le rôle respectif de ces agents ou de ces lésions, dans la détermination de la nymphomanie, et il est pour quelques-uns au moins positif, on ne doit pas oublier qu'il est le plus souvent dominé par celui des causes « intérieures ».
PrédiMpoNition. — La plupart des nymphomanes, en effet, appartiennent à cette catégorie de prédisposés à la folie, que M. Lasègue a si justement appelés des cérébraux. Si l'on recherche dans les antécédents des malades, on retrouve communément des ascendants marqués de la tare nerveuse : c'est un père aliéné, un frère épileptique, une mère hystérique. Il y a une sorte de prédisposition à l'aliénation, que mille influences diverses peuvent réveiller. Aussi, les conditions d'âge, de milieu, d'éducation, qui favorisent le développement de la nymphomanie, relèvent-elles plutôt de celles qui sont aptes à affecter le système nerveux, qu'à surexciter directement les fonctions génitales. Le tempérament erotique, dont on a beaucoup parlé, qui se traduit par un visage animé, un regard vif, des cheveux noirs, des dents blanches, des mamelles développées, un bassin large, peut inviter à la lubricité, mais la lubricité n'est pas la nymphomanie. Tout au plus est-elle un premier pas vers ce fâcheux trouble mental. Rien ne prouve que, dans les pays orientaux, où la polygamie est dans les usages, où les sérails sont répandus, où le climat et les habitudes engendrent les mœurs lascives, l'uléromaniesoit plus commune que chez nous.
Age. — L'âge de la nymphomanie n'est pas non plus
008 NYMPHOMANIE Cil F./. UNE ENFANT.
fatalement, on pont même dire habituellement, celui où les appétits sexuels sont d'ordinaire les plus vifs. Il résulte en effet du relevé dressé par Bayard, d'après la statistique de la Salpêtrière et de Cbarenlon, que l'affection est plus fréquente après qu'avant trente-cinq ans. Elle se rencontre quelquefois dans l'enfance, souvent à un âge avancé.
Buchan cite le cas d'une petite tille qui fut atteinte de fureur utérine dès l'âge de trois ans.
Parent-Duchâtelet a rapporté la curieuse observation suivante qui est aussi relative à une jeune enfant.
OBSERVATION IX. — Nymphomanie chez une enfant. — Instincts homicides. — Débilité mentale probable'.
Il s'agit d'une petite fdle de huit ans. Le 10 novembre 1826 la mère de cet enfant déclare au commissaire de police, qu'elle était venue consulter, que sa fille, née le 14 août 1818, a été élevée par sa grand'mère, femme respectable et religieuse, âgée ce jour de soixante quinze-ans, demeurant à la campagne.
Pendant les premiers mois qu'elle fut de retour, elle ne s'amusait pas comme les enfants de son âge et s'amaigrit. La petite fille, soupçonnée de masturbation, fut interrogée et répondit « que depuis l'âge de quatre ans elle s'amusait continuellement avec de petits garçons de six à douze ans; que ce qui la rendait si triste, c'était de ne plus avoir la même occasion et qu'alors elle s'amusait toute seule. »
Remontrances, caresses, présents, médicaments, rien n'a pu lui faire perdre ses habitudes. Un jour elle dit : « qu'elle
1. l'arent-Duchatelet, annales d'hyg. et de méd. lég., t. VII, p. 173. Citée par Bayard, toc. cit.