INSTINCTS HOMICIDES
se corrigerait bien de tous ses petits défauts, si elle le voulait, mais qu'elle ne se passerait jamais tle petits garçons, et que tout son désir, quand elle serait grande, était d'aller avec des hommes ».
On découvre en elle des symptômes de monomanie homicide. On lui demande pendant une maladie de sa mère : « Serais-tu contente devoir mourir ta maman? — Ce n'est pas cela qui me fâcherait, répond-elle. — Pourquoi serais-tu contente de voir mourir ta mère? — Pour avoir ses bardes. — Que ferais-tu de ses bardes, elles seraient trop grandes pour toi? — Je les ferais arranger pour moi. — Quand elles seraient usées, que ferais-tu? — Avec de l'argent j'en achèterais d'autres. — Que ferais-tu après? — J'irais avec des hommes. »
Elle répond de même à tous ceux qui l'interrogent. Son père voulut la corriger et la frappa; reniant ne versa pas une larme et répondit froidement : « Ces coups ne me font rien, vous me couperiez le cou que je ne changerais pas». — Dans un autre interrogatoire, son désir d'aller avec des hommes alterne avec celui de tuer son papa et sa maman.
On lui reproche cette cruauté : « Je me corrigerais bien de mes défauts dans un jour, mais pour les deux autres il me faudrait bien plus de temps. — Quels sont les deux autres? — De m'amuser avec les petits garçons et d'aller avec les hommes. »
On lui demande ce qu'elle faisait avec les petits garçons : « Je faisais ce qu'on fait pour faire des petits enfants, nous allions à la rencontre l'un de l'autre. »
Voici son signalement : taille de trois pieds cinq pouces, cheveux châtains clairs, yeux noirs et vifs, nez un peu retroussé, bouche petite, figure ronde et agréable, joues pleines et colorées, assez forte corpulence, en tout un air spirituel et de sauté. Elle est toujours assise sur une très petite chaise, les mains croisées; dès qu'on n'a plus les yeux fixés sur elle,
elle se livre à l'onanisme.
Legkand du Saulle. — Les hystériques. 3'J
610 NYMPHOMANIE A ON &GB k\ wr.i:.
Colle jeune fille, placée administrativemenl dans un couvent, tomba dans un étal de langueur et de tristesse, perdit en partie ses habitudes vicieuses et ne parla plus de sa vie antérieure.
On ne peut pas considérer cette enfant comme atteinte d'imbécillité: il est aussi difficile de voir cliez elle des signes de démence; et cependant on observe la prédominance de deus désirs exclusifs : l'un d'aller avec les hommes, l'autre de tuer son père et sa mère.
Le premier s'explique par le souvenir de jouissances qui s'y raltachenl : mais quels motifs donner au second, l'enfant se reconnaissant bien soignée et n'ayant aucun sujet de haine.
En regard de ces faits on peut en placer d'autres où la nymphomanie s'est manifestée à un âge avancé. Belmer1, par exemple, cite celui d'une dame âgée de soixante et dix ans qui en était atteinte au plus haut degré. Sage et modeste jusqu'à l'âge de soixante-six ans, elle devint tout à coup d'une horrible irnpudicité. L'offre de sa fortune était un de ses moyens de séduction les moins ridicules. Les plus obscènes pratiques lui étaient familières pour apaiser l'intensité inouïe de ses besoins.
Nous pouvons conclure, d'après ce qui précède, que les causes locales, c'est-à-dire celles qui influent sur l'appareil génital, quelles qu'elles soient, mécaniques ou fonctionnelles, peuvent intervenir comme conditions occasionnelles ou adjuvantes de l'utéromanie; mais la prédisposition nerveuse héréditaire ou autre tient