TRAITEMENT
difficile à briser les maladies de notre système nerveux, c'est d'être soumises à la redoutable loi de la filiation et de l'hérédité.
Traitement. — Il résulte de ce qui précède que les indications de la thérapeutique de la nymphomanie doivent être cherchées, pour les formes graves, du moins, plutôt dans l'étal général des fonctions cérébrospinales, que dans les troubles ou les lésions souvent accessoires de l'appareil génito-urinaire.
11 va sans dire que s'il existe de ce côté une altération quelle qu'elle soit, il y aura lieu de la traiter, puisqu'elle peut être le point de départ, l'occasion du trouble mental. Mais ce traitement tout local, qui vise à faire disparaître la cause mécanique de l'excitation sexuelle, reste trop souvent insuffisant.
C'est bien pis encore, si le désordre génital est purement fonctionnel; vainement alors, prenant l'effet pour la cause, essayerait-on de tempérer par des pratiques ou des manœuvres appropriées l'ardeur utérine des malades. La clitoridectomie, qui, il y a près de quinze ans, fut proposée et défendue en Angleterre surtout par Bakcr-Braon, n'a pas donné les résultats qu'on avait annoncés; le mariage, qu'en pareil cas on propose souvent trop à la légère,, est lui aussi impuissant, sauf exception, à remédier à une affection qui est avant tout une vésanie.
Esquirol rapporte, à ce propos, qu'il rencontra un soir, au coin d'une rue, faisant le métier de courtisane de bas étage, une jeune nymphomane qui avait échappé à la surveillance de ses parents : « Que faites-vous
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là, malheureuse ? lui dit-il. — Monsieur, répondit-elle,
je me guéris. » Cette pauvre lille mettait en pratique un préjugé trop répandu. La folie utérine ne se guérit pas par l'usage immodéré des plaisirs de l'amour, qui l'exaltent généralement plus qu'ils ne l'atténuent.
Le traitement moral, l'isolement, l'usage des agents sédatifs, voilà quelle doit être la base de la thérapeutique de la nymphomanie. Les autres moyens, les bains lièdes, les injections calmantes, et tous les médicaments qui agissent sur la vulve et l'utérus, ne sauraient être que des adjuvants. C'est le système nerveux qui est atteint : c'est lui qu'il importe de frapper.
Médecine iés;»i*'- — Nous devons, en terminant cette courir étude de la nymphomanie, présenter quelques considérations relativement aux questions médicolégales qui peuvent être soulevées à l'occasion des malades atteintes de celte affection fâcheuse, notamment à propos de l'opportunité de la séquestration et de la demande en interdiction.
Il n'est pas possible, on le conçoit, de formuler sur la matière des préceptes généraux fixes et toujours applicables. L'appréciation de l'expert doit être entièrement subordonnée aux particularités du cas qu'il considère. Ce serait, sansaucun doute, attenter à des droits respectables que de priver de sa liberté ou de ses prérogatives civile- lus malades chez lesquelles l'affection est légère. L'intelligence assez intacte pour que la nymphomane puisse dominer, dans une certaine mesure, les penchantsqui les tourmentent. Aussi le médecin dcvra-l-il toujours s'assurerenpremier lieu si la maladie n'est pas